Déc 062017
 
HOMMAGE A JOHNNY HALLYDAY
TF1 BOULEVERSE SES PROGRAMMES CE MERCREDI 6 DÉCEMBRE 2017
TF1 rend hommage à Johnny Hallyday et bouleverse sa programmation ce jour en proposant une soirée spéciale dédiée à la star.

Voici le déroulé de la soirée à venir :

A partir de 20H, Edition spéciale présentée par Gilles Bouleau
Suivie du documentaire inédit : Johnny Hallyday
Suivi de 2 concerts :
Johnny Hallyday – Bercy 2013, le Concert Anniversaire
Johnny Hallyday allume le feu au Stade de France

Puis, l’émission : Johnny Hallyday, les plus grands duos

Communiqué de presse TF1 – Mercredi 6 décembre 2017

Mai 042015
 

Interview de Paul Besson incarnant un nouveau personnage dans la série à succès « Nos chers voisins »

Lundi 4 mai 2015 – TF1 – 20h40

Paul Besson : Un rôle à des années-lumière de moi

Nouveau venu au 28 rue de la Source : Maxime Rousseau. Jeune marié, scientifique et complètement dans son monde, il doit sans cesse faire des efforts pour se sociabiliser. Pour Paul Besson, son interprète, il s’agit d’un véritable rôle de composition. Originaire de Lorraine, l’acteur de 27 ans s’est formé au Conservatoire Libre du Cinéma Français avant d’intégrer le cours Florent et de rejoindre l’équipe de « Nos chers voisins ».
paul-besson
Qui est Maxime, votre personnage ?
C’est un ingénieur en mécanique quantique, persuadé qu’il obtiendra un prix Nobel. Très intelligent sans être méprisant pour autant, il est tellement passionné qu’il en devient touchant. Maxime a envie d’enseigner aux autres et d’apprendre lui-même. Il est mal à l’aise dans les sentiments et les relations homme/femme. Sa femme, Agathe, l’aide beaucoup à s’intégrer et les habitants de l’immeuble lui donnent donc des leçons pour essayer d’évoluer ! Maxime s’entend très bien avec Alain car ce dernier n’est pas très futé ! Ils sont complémentaires !
 
Avez-vous des points communs avec Maxime ?
Pas du tout ! C’est un véritable rôle de composition. Ce personnage a eu son bac à 14 ans, j’ai failli faire le lycée en six ans, mais je n’ai finalement redoublé que deux fois ! Maxime est cérébral. Au contraire, je suis beaucoup plus terre à terre. Faire un rôle à des années-lumière de soi est plaisant.

Comment vous entendez-vous avec Marie Facundo, votre partenaire ?

Très bien. Nous nous sommes rencontrés pendant le casting. Des liens s’étaient créés. Depuis, tout se passe à merveille. Elle est pleine d’énergie, c’est un plaisir de travailler avec elle. Ce duo devrait fonctionner car Agathe et Maxime ont des personnalités solaires tous les deux.
 
Vos débuts sur le tournage se sont-ils bien passés ?
Totalement ! Si j’avais un doute, il a disparu dès le premier jour grâce à l’hospitalité des acteurs. Je retrouve cet esprit de troupe présent au théâtre entre les comédiens. Ils se connaissent tous depuis trois ans et m’ont formidablement accueilli. Ils nous ont dit avoir hâte de voir de nouvelles têtes et étaient impatients de nous découvrir après avoir suivi le casting. Ça nous a tout de suite rassurés. Pourtant, c’était ma première expérience de série courte. Tourner en studio évite beaucoup de problèmes techniques mais, en retour, la première prise doit être la bonne. La principale difficulté a été la cadence. Une fois que le rythme est absorbé, on s’amuse bien !
 
Qu’est-ce qui vous a semblé le plus difficile ?
Faire rire est un travail de précision extrême qui nécessite beaucoup de rigueur. Je pense qu’il ne faut pas chercher à être drôle. La série est une très bonne école. Et j’aime être dans un groupe. Travailler avec Martin Lamotte est un super apprentissage car il est incroyable. Je m’entends très bien avec Gil Alma également.
 
Que souhaiter à Agathe et Maxime ?
Qu’ils restent ensemble pour commencer ! Qu’ils s’intègrent pleinement dans l’immeuble, que la collection de vêtements d’Agathe marche et que Maxime obtienne son prix Nobel de mécanique quantique !
 
Avez-vous d’autres projets ?
J’ai commencé à répéter Calme de Lars Noren. J’adore cet auteur et j’espère que ce projet pourra voir le jour.
Communiqué de presse TF1 – 4 mai 2015
Mar 212015
 

Interview de Matthieu Lartot : Le rugby français ne s’est pas remis en cause

Le crunch ! Symbole de l’affrontement entre britanniques et Français pour la domination du rugby européen ! Mais cette année, les résultats poussifs du XV de France dans le Tournoi des VI Nations le privent d’une « finale » à Twickenham, le 21 mars prochain. Matthieu Lartot, qui commentera la rencontre sur France 2, analyse les raisons de cet écart grandissant entre les deux nations.

Comment expliquer les piètres résultats du XV de France dans le Tournoi (1 victoire et 2 défaites) ? (1)

Il suffit de prendre les chiffres depuis trois ans et demi : 62 % de défaites dans l’ère (Philippe) Saint-André. Cette équipe a du mal à maîtriser son jeu, à imposer sa griffe, à trouver son identité : les résultats s’en ressentent. Il y a un manque de régularité et de constance dans les performances. Durant le Tournoi, elle passe ainsi d’une victoire médiocre contre l’Ecosse (15 à 8, NDLR) à une défaite encourageante contre l’Irlande (18 à 11, NDLR). C’est à l’image de ce qu’on a pu observer au lendemain de la tournée de novembre où, après une victoire contre l’Australie (29 à 26, NDLR), avec l’arrivée de nouveaux joueurs, l’équipe de France s’est inclinée contre l’Argentine (13 à 18, NDLR). Cette équipe est inconstante et incapable de prouver sur la durée qu’elle fait partie des meilleures nations du rugby. C’est ce qui explique l’inquiétude générale vis-à-vis du XV de France. En comparaison, si les Néo-Zélandais sont la meilleure nation du monde, ce n’est pas parce qu’ils sont champions du monde, c’est parce qu’ils gagnent 90 % de leurs matchs. Nous perdons 62 % de nos matchs, voilà la différence.

Le manque de régularité peut-il s’expliquer par l’absence de stabilité dans l’effectif ?

Si Saint-André n’a pas trouvé un effectif stable, c’est qu’il cherche toujours. Il a testé près de 80 joueurs en trois ans et demi : c’est la 15e charnière, il a utilisé 15 ailiers, 17 centres, 17 piliers gauches… Il cherche la bonne formule sans véritablement la trouver. Il ne s’agit pas pour autant d’accabler un seul homme. Saint-André est tributaire d’un problème structurel qui existe depuis une dizaine d’années et dont (Marc) Lièvremont a fait l’expérience: les intérêts des clubs diffèrent des intérêts de l’équipe nationale. Aujourd’hui, les clubs français cherchent à être compétitifs, pour ne pas rétrograder mais surtout pour gagner des titres. Comme le niveau du Top 14 est très homogène, très dense, avoir la meilleure équipe signifie donc avoir les meilleurs joueurs. Et aujourd’hui, dans les premières lignes, ce sont des joueurs de 30 ans, avec une expérience internationale : des Néo-Zélandais, mais aussi des Roumains, des Géorgiens, etc. Ces joueurs ont un impact immédiat.

Ce qui empêche l’émergence de jeunes talents français ?

Ça ne leur permet pas d’éclore en championnat, d’avoir une expérience du haut niveau. Avant, on prenait le temps de lancer des jeunes joueurs. Je pense à des piliers comme Sylvain Marconnet, qui ont commencé leur carrière à 19-20 ans et à qui on a laissé le temps de s’aguerrir. Maintenant, les clubs ne prennent plus ce temps-là, et donc on n’arrive plus à sortir une génération de jeunes piliers performants. Il y a un vrai problème au niveau de la formation en France. En sélection, on paie les pots cassés de cette politique des clubs qui, dans leur souci d’avoir des résultats très rapidement, ont d’autres priorités. Comme on a pu le voir à Toulon, qui truste tous les titres en France et en Europe ces dernières années, en allant chercher des joueurs étrangers (anglais, sud-africains, néo-zélandais, etc.) qui prennent toute la place au sein de l’effectif.

Comment y remédier ?

En Angleterre, il y a une politique de quotas : un minimum d’Anglais est obligatoire sur la feuille de match, limitant ainsi le nombre d’étrangers dans leur championnat. Au même titre, les Irlandais, dans leurs provinces, ont un nombre circonscrit de joueurs étrangers, afin de favoriser les jeunes durant les compétitions. En France, Saint-André essaye d’instaurer un système similaire avec les JIFF (joueurs issus des filières de formation, NDLR), cette liste de 30 joueurs protégés qui ne peuvent pas disputer plus de 30 matchs dans la saison. C’est un bon départ mais il faut aller au bout de la réflexion, à savoir comment permettre aux joueurs français d’arriver frais, comment sortir des jeunes de notre championnat pour être compétitifs avec le XV national.

Pourquoi cette réflexion n’a-t-elle pas eu lieu ?

On a un peu occulté les choses avec la finale de la Coupe du monde 2011 perdue contre les All Blacks par un seul point d’écart (7 à 8, NDLR). On s’est dit alors qu’on aurait pu être champions du monde. C’était oublier un peu vite les deux défaites en phase de poules, la courte victoire contre le Pays de Galles en demies, en jouant à 15 contre 14, en l’emportant d’un point (9 à 8, NDLR) alors qu’à la dernière minute les Gallois obtenaient une pénalité et avaient l’opportunité de nous éliminer. C’était l’arbre qui cache la forêt. Il n’y a pas eu de remise en cause et pour toutes ces raisons-là, on est encore en train de tâtonner. Le sélectionneur utilise beaucoup de joueurs sans avoir de certitudes sur cette équipe. C’est tout le contraire de ce qu’ont fait les Anglais après leur échec dans cette même Coupe du monde. On a assisté à une remise à plat de leur rugby, avec l’arrivée d’un nouveau sélectionneur, (Stuart) Lancaster, peu connu du grand public mais porteur d’un vrai projet de jeu. On peut également citer le cas de l’Irlande, 4e nation mondiale, tenante du titre du Tournoi des VI Nations et sérieuse prétendante à une victoire cette année.

Les amabilités entre joueurs anglais et français ont longtemps été de mise, notamment le « good game » lancé par Will Carling aux Sella et Saint-André, dans les années 1990. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Cet antagonisme a toujours existé entre les Français et les Anglais qui, pendant de longues années, se sont disputé l’hégémonie européenne dans le rugby. C’est peut-être moins vrai ces dernières années parce que malheureusement, depuis 2008, l’équipe de France n’a gagné qu’un seul Tournoi. Ce n’est plus la même configuration, avec des matchs disputés au couteau pour la victoire finale. Ces dernières années, les résultats ne le permettent pas.

Les Anglais accueillent la Coupe du monde cet été …

C’est un match psychologiquement important pour les Anglais : c’est l’ultime étape avant leur Coupe du monde. Ils ont probablement envie de marquer leur territoire. Pour l’équipe de France, c’est une prise de repères dans la perspective de cet été.

Propos recueillis par Sébastien Pouey

Communiqué de presse France 2 – 3 mars 2015

Fév 282015
 

Interview de Pierre Albaladejo : Ce fut le début de la décennie galloise

Il y a quarante ans naissait Antenne 2. Dix jours plus tard, la chaîne retransmettait en direct son premier match du Tournoi des V Nations. C’était un France-Pays de Galles. Le samedi 28 février 2015, France 2 diffusera un autre France-Pays de Galles, l’occasion de revenir sur cet anniversaire en compagnie de Pierre Albaladejo qui formait un célèbre duo de commentateurs avec Roger Couderc.

18 janvier 1975, la voix lointaine de Roger Couderc annonçait aux téléspectateurs d’Antenne 2 : « Ici, le Parc des Princes, dans quelques instants la France va rencontrer le Pays de Galles. » C’était la première retransmission d’un match du Tournoi des V Nations sur Antenne 2, moins de deux semaines après sa naissance (6 janvier 1975). Ce jour-là, la France des Bertranne, Dourthe, Lux… s’incline 10 à 25 face aux Gallois de Gareth Edwards. Ce jour-là, un duo de commentateurs s’imposait sur le petit écran : Roger Couderc et Pierre Albaladejo, par l’entremise de Robert Chapatte. L’ancien joueur du XV de France accepte de revenir sur cette date anniversaire qui marque ses débuts à la télévision.

Le duo Balla-Couderc réuni à la télévision

Nous avions déjà fait quelques années ensemble sur Europe n°1. À l’époque, Robert Chappate et moi étions sur la station ; Roger (Couderc) à RTL. C’est Robert qui a eu l’idée de nous réunir à l’antenne. Et donc, Roger a franchi le Rubicon et rejoint Europe n°1. C’est à ce moment-là que nous avons inventé le transistor à images : nous faisions quasiment de la télé à la radio, sauf qu’à la radio le blanc est une faute, et à la télé, il faut laisser parler l’image. J’avais été contacté par le journaliste sportif titulaire Jacques Sallebert. Il me proposait de venir commenter le rugby à l’écran avec lui. Mais pour moi, il n’en était pas question. C’est finalement Marcel Jullian qui nous a réunis sur Antenne 2.

Une défaite pour le premier match

La France avait perdu (10-25). Je perdais un peu mon Roger (Couderc) avec qui je m’étais tant amusé à la radio. Il était très contrarié. Je m’étais senti obligé de le réconforter. Je lui ai dit : « Ne vous en faîtes pas trop. Coup de chapeau aux Gallois. Nous avons encaissé cinq essais. Reconnaissons quand même qu’ils sont plus forts que nous…» Il m’avait répondu : « Oui, oui ils sont plus forts que nous, enfin, ils ont quand même eu de la chance. » Mais il s’est vite rattrapé parce que quinze jours plus tard, l’équipe de France est allée gagner à Twickenham (le stade de l’équipe anglaise ; 27 à 20, NDLR). C’était le Roger des grands jours. Alors, là c’était fabuleux. Battre les Anglais, pour lui, c’est être champion du monde.

Le trac de Roger Couderc

Pour ce premier match, il était fébrile. Je venais toujours le chercher chez lui, rue Charles Laffitte. Nous partions ensemble déjeuner au Parc des Princes et nous commentions le match. Et ce jour-là, quand je suis allé le chercher, je l’ai trouvé très concentré, bileux, comme j’ai pu trouver certains copains avant un match. Il ne voulait pas rater son retour à la télé. Un retour qui avait été annoncé à grands coups de publicité. Couderc revenant à la télé, ce n’était pas rien ! Mais là, il était aussi concentré que les joueurs. Heureusement, ça n’a duré qu’un seul match.

La décennie galloise

À partir de ce match-là, ce fut le début de la décennie du Pays de Galles. Avec des garçons comme Gareth Edwards, Barry John Gerald Davies… Ils avaient des joueurs d’exception. J’étais obligé de tempérer Roger (Couderc) dans son enthousiasme habituel. Je lui disais : « Attention, les choses ne se passent pas aussi bien que vous le dites.» Cette formidable équipe galloise était en train de se créer. Pendant la décennie, ils ont été les champions de ce jeu.

Propos recueillis par Sébastien Pouey.

La rencontre opposant la France au Pays de Galles (28 février 2015), dans le Tournoi des VI Nations, sera commentée par Matthieu Lartot et Fabien Galthié, accompagnés par Clémentine Sarlat pour les interviews en bord de terrain.

Communiqué de presse France 2 – 10 février 2015

Fév 272015
 

Pascal Brunner l’animateur vedette de « Fa si La Chanter » et imitateur vient de nous quitter à l’âge de 51 ans des suites d’un cancer de la gorge qu’il combattait depuis de nombreuses années. C’est en juin 1995, lors de ma période de journalisme en presse écrite que j’ai pu ainsi rencontrer Pascal Brunner au top du succès.

france3

Pascal Brunner « Mélodie en équipe »

Interroger Pascal Brunner, c’est avant tout franchir deux, trois portes de bistros aux alentours de la Comédie Caumartin pour le choper. Rassurez-vous, je n’ai pas été obligé d’écumer plusieurs mousses. Lui, non plus. Juste un problème de coordination pour la prise de rendez-vous. Résultat des courses : je n’avais pas affaire, pour une fois, à un type qui se mettait en avant, sous prétexte que son nom soit en gros titre sur l’affiche. Lui, c’est l’esprit d’équipe. Il répondit en toute simplicité à l’ordre d’arrivée de mes questions.

A l’époque de « Yacapa » vous refusiez de faire une émission quotidienne à la Télé. « Fa si la chanter », vous l’avez accepté parce que l’actualité du monde du spectacle n’était pas en jeu chaque jour ?

P.B : J’ai accepté parce que le projet me séduisait. Cela me semblait tenir la route, c’est-à-dire s’asseoir sur une mécanique bien huilée, bien rôdée, avec un programme de chansons important, qu’on pouvait tenir au quotidien. Sinon, j’aurais refusé.

Au départ, votre métier d’imitateur courait un 100m; il fallait produire des efforts de voix sur une courte période. « Fa si la chanter », n’est-ce pas un exercice de décathlonien ?

P.B : C’est sûr que dans les périodes d’enregistrements de « Fa si la chanter », qui se font sur une semaine à 10 jours, avec cinq émissions par jour, c’est un peu du délire. On a la chance d’être dans une dynamique de succès, l’émission marche très fort. On ne sent pas la fatigue, l’énervement, il n’y a pas de saute d’humeur sur le plateau de la part des musiciens, de moi-même. Tout se passe bien.

Quand je parle de décathlon, j’entends par là que vous enchaînez une multitude de voix pendant l’émission.

J’ai arrêté de faire des voix de politique en période électorale, pour ne pas avoir de compte à rendre au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). L’émission m’a permis d’imiter des voix de chanteurs que je ne faisais pas auparavant. Notamment Reggiani, que je ne pensais pas pouvoir faire. J’ai essayé en répétition. Le résultat était sympa.

Franchement, est-ce plus sympa de côtoyer les gens de tous les jours, grâce à « Fa si la chanter », que de recevoir une ribambelle d’artistes plus ou moins égocentriques qui viennent vendre leur paquet de lessive ?

P.B : C’est un peu exagéré. Ah ! Ah ! C’est bien de voir des candidats d’horizons différents. Sur le panel de gens que nous avons reçu sur le plateau de « Fa si la chanter » ça va du charcutier du coin à l’avocat, l’ingénieur, aux instits et beaucoup d’étudiants. Notre émission a déjà été « Premier jeu », toutes chaînes confondues, et tous âges. On touche tout le monde, même les plus réticents.

Que répondez-vous à vos détracteurs qui dénigrent votre métier d’animateur T.V., sous-entendu Pascal Brunner joue la facilité pour les poï ! poï ! ?

P.B : Je les laisse dire et puis on verra sur la longueur. Ce n’est pas mon problème. Ils ont du temps à perdre pour penser ça; moi je ne m’occupe pas de leur carrière, qu’ils ne s’intéressent pas à la mienne. La meilleure réponse que je puisse leur donner, c’est que je suis en tête avec « Fa si la chanter » et que mon nouveau spectacle marche très fort.

« Fa si la chanter » valorise-t-il la chanson en langue française, ou fait-il renaître certains tubes qui ont fait trois petits tours, et puis s’en vont ?

P.B : Sur les grands standards et les tubes qui font trois petits tours, et puis s’en vont, ce qu’on voulait dans « Fa si la chanter », c’était évoquer quelque chose à quelqu’un. Que ça soit un évènement dans sa vie, un souvenir. Et puis les tubes qui ont fait trois petits tours et puis s’en vont, on a quand même été les premiers à danser dessus en discothèque. Ce n’est pas gênant de rappeler 15-20 secondes de ses airs, même si les artistes ont fait une brève carrière. Ceci ne nous empêche pas de chanter « Les feuilles mortes » qui a fait la carrière qu’on sait.

Est-ce que TF1 vous a sollicité pour animer une émission similaire à « Fa si la chanter » ?

P.B : Similaire, non ! TF1 me proposait un « 20h30 » à partir de septembre. Je n’ai pas pu connaître le concept de l’émission, puisque ma réponse n’a pas été négative, mais du moins pas pour l’instant. Je tiens à aller jusqu’au bout de l’aventure avec l’équipe de « Fa si la chanter ». Et puis, le spectacle démarrait à la comédie Caumartin, et en plus, après j’ai une tournée.

Un grand retour au « Music Hall » en pleine campagne électorale, est-ce bien raisonnable ?

P.B : Ben, ouais ! Je crois que les gens apprécient. La plus belle récompense est de savoir que les gens sont heureux après une heure et demie de spectacle.

Vous tapez sur les hommes politiques par méchanceté ou par ironie ?

P.B : Je ne suis pas d’un naturel méchant, je répondrais par ironie. Ça me fait rire de voir ce qui se passe. Je suis comme tout le monde. Je lis l’actualité, j’écoute la radio, je regarde la télévision. L’autre jour j’ai entendu Dominique Voynet qui traitait Balladur de « faux-cul pincé », cela me fait hurler de rire.

Certaines personnes, dans la salle, s’étonnent de votre virulence à l’égard du monde politique. Est-ce à dire qu’à la télé, vous êtes du genre costard cravate, et qu’en scène, vous prenez le maquis ?

P.B : « Fa si la chanter » passe à une heure de grande écoute, et ce n’est pas le but de l’émission. Je n’ai pas à faire mon boulot d’imitateur. Je suis, avant tout, là pour faire l’animateur, le chanteur et l’imitateur au dernier degré. Sur scène, je peux donner libre cours à ce que j’ai envie de faire. Les gens, en sortant de là, ne peuvent pas savoir de quel côté je me situe. Il faut savoir que c’est un spectacle d’imitateur-persifleur. Il n’était pas question que je montre ce que je fais tous les soirs sur France 3. Jamais les téléspectateurs de « Fa si la chanter » ou d’autres émissions T.V., ont pu voir un extrait de mon spectacle. Je veux qu’ils découvrent pour la première fois mon show le soir, qu’ils viennent me voir.

Après le deuxième tour, vous allez être obligé de changer de programme. Est-ce que les promesses de réjouissance ne vont pas s’amenuiser au fil des semaines ?

P.B : Tout est prévu. Le spectacle a été monté de telle manière que les sketches sont intemporels. On réagira en fonction de l’actualité. Il y a derrière une équipe d’auteurs qui me facilite la tâche. Anne Roumanoff, Jacques Maillot, Gilbert Jouain et moi-même. Ainsi qu’Olivier Lejeune qui fait les brèves d’actualités.

Vous esquintez particulièrement « Jean-Marie Le Pen » dans votre spectacle. Ne vous a-t-on pas dit qu’il est politiquement incorrect de s’en prendre à un borgne ?

P.B : Ah ! Ah ! Il le montre plus maintenant. C’est pour ça que je lui mets une cagoule, comme ça on ne le voit pas. Non ! En tout cas, le spectacle n’est jamais vulgaire, il n’y a pas de grossièreté. Et en plus, je ne fais que dire ce qui se passe, ce qu’il fait.

Vous lui avez tout de même taillé un costard sur mesure.

P.B : Je crois que tout a été écrit sans favoritisme. On voit Jospin au confessionnal, posant des questions à Dieu (Mitterrand). Jacques Chirac à « Merdue de vue » devant Jacques Pradel, qui répond en demi teinte avec plein de subtilité. Le Pen crie haut et fort ce qui se passe. Et Balladur, habitué à l’ambiance des salons cossus, qui raconte à sa femme sa journée proche du peuple. On a voulu d’abord s’amuser.

Certains soirs, pouvez-vous faire un sondage, à savoir s’il y a plus de pro-Chirac, pro-Balladur, pro-Jospin ?

P.B : C’est arrivé ! Quand on a attaqué Chirac, j’ai entendu dans la salle : Doudou Président ! Non, les gens savent très bien que l’on va allumer tout le monde, mais sans méchanceté.

Que pensez-vous des artistes qui s’affichent, entre deux petits fours, dans les meetings politiques ?

P.B : On a la chance d’être dans une démocratie. Chacun fait ce qu’il veut. Moi, je ne suis pas pour. Je crois qu’un artiste doit faire avant tout son métier. Les gens sont assez grands pour se faire une idée de la politique. Lorsqu’un artiste soutient un homme politique, j’ose espérer que tous les gens qui viennent voir son spectacle vont voter pour l’intéressé. A la limite, c’est de la « promo » pour les deux. Et puis, il n’est pas interdit d’assister à une réunion pour se renseigner. Moi, je l’ai pas fait. J’étais trop occupé.

Mettre derrière vous un groupe de musiciens a pour but de secouer une salle sous coma Balladurien ?

P.B : Je ne crois pas.

C’est quand même une bonne recette de mettre des musiciens sur scène

P.B : Non ! Ceci permet de faire vivre des musiciens. J’aimerais bien que tous les artistes mettent des musiciens sur scène. Les spectacles seraient plus vivants.

On ne risque pas de vous confier le ministère de l’économie et des finances. Comment se fait-il que vous ne faites pas appel à une bande son ? Votre cachet ne s’en porterait pas plus mal.

P.B : Pour que mon cachet se porte mieux, j’aurais dû signer à TF1. L’argent, en ce qui me concerne, ce n’est pas le nerf de la guerre. Je veux gagner ma vie convenablement pour que ma femme, ma fille soient bien. Le reste, ce n’est pas grave… On a tout misé sur le spectacle pour que les gens ressortent contents.

Effectivement, lors de votre passage à la Comédie Caumartin à Paris, j’ai vu des gens danser à la fin du spectacle.

P.B : Je peux vous dire que des gens debout, ça déménage. C’est vrai que ça coûte plus cher. Mais être sur scène avec des musiciens, c’est plus dynamique et ça fout la pêche. Ils me suivent depuis quatre ans. Je n’allais pas leur dire, pour ma rentrée parisienne, qu’ils seraient remplacés par une bande son. Je n’en ai jamais eu l’idée.

Vous allumez Charles Aznavour, qui dit qu’il n’y a plus de talent dans la chanson française. C’est pas sympa de s’en prendre à un ex-investisseur Suisse ?

P.B : Ah ! Ah ! Ah ! Ce n’est pas une invention de ma part…J’ai été surpris quand Charles Aznavour a déclaré dans l’émission « Ligne de mire » qu’il était inquiet pour la relève. Qu’il n’y avait pas de grandes stars. J’ai donc fait un plaidoyer pour les anciens qui ont plus de cinquante ans (Aznavour, Hallyday, Mitchell). J’ai ensuite laissé la place aux jeunes (Bruel, Pagny) pour savoir ce qu’ils en pensent. Mon propos n’est pas méchant, mais montre simplement qu’avec la multiplication des médias, on fait une moins grande carrière qu’a l’époque des débuts de Hallyday, Mitchell.

Parlez-moi de Stéphane Roux. C’est un artiste au chômage qui vous a harcelé nuit et jour pour que vous lui fassiez une place sur scène, ou est-ce par souci humanitaire ?

P.B : Je l’ai rencontré deux ans auparavant, à l’occasion d’un gala pour les enfants malades de l’hôpital Necker. Entre parenthèses, je fais plein de galas pour les enfants inadaptés, les malades du sida etc…. Je ne montre pas ma gueule à la télévision pour dire que je le fais. Traiter ces sujets d’exclusion ne se résume pas à une soirée de deux heures d’émission. Je préfère faire dans l’ombre, mais au moins je le fais…. Stéphane Roux, ce jour-là, avait fait un numéro qui m’avait emballé. Au moment où j’ai écrit les textes avec Jacques Maillot, nous nous sommes dit qu’il serait bien que quelqu’un me donne la réplique dans certains sketches. Ceci permettrait de rebondir plus facilement, plutôt que d’avoir du monologue toute la soirée. J’ai rappelé Stéphane et le hasard a voulu que trois semaines avant, il monte un one man show pour lequel il avait besoin d’imitations. Je lui ai enregistré trois, quatre imitations. Je lui ai demandé s’il voulait venir sur scène avec moi. Il y a une grande complicité qui est née sur scène. Stéphane n’est pas un faire-valoir.

Phil Marso – Entretien publié dans la revue “100 Blagues” en juin 1995.