Août 042015
 

L’équipe de France de natation se rend aux Championnats du monde de Kazan (Russie) sans Yannick Agnel, mais avec son nouveau poisson pilote, Florent Manaudou.

Après avoir marché sur l’eau aux Championnats d’Europe de Berlin, l’équipe de France de natation vise la consécration mondiale à Kazan, en Russie, du 2 au 9 août, à l’occasion de ces XVIes Championnats du monde. Alexandre Boyon, commentateur de l’événement, analyse leurs chances.

Quelles ambitions nourrit l’équipe de France pour ces Championnats du monde ?

Rester la première nation européenne, ce qu’elle est depuis 2010. Pour cela, elle s’appuiera sur ses meilleurs poissons pilotes. Le premier est bien sûr Florent Manaudou, qui a créé la sensation cet hiver aux Championnats du monde de Doha en petit bassin. Déjà détenteur des titres européen et olympique sur 50m, il ne lui manque plus que le titre mondial sur cette distance pour en devenir le patron incontesté. Camille Lacourt, champion du monde sur 50m dos, et Jérémy Stravius, double médaillé d’argent aux Championnats d’Europe, auront de sérieux arguments à faire valoir. N’oublions pas enfin le relais 4x100m, détenteur de tous les titres : champion olympique, du monde et d’Europe. Il s’agit de la référence absolue de la discipline. Leur capacité à banaliser l’exceptionnel est édifiante.

L’heure est moins à la fête côté féminin…

S’il est vrai que les Françaises sont en perte de vitesse depuis quelques années, nous ne sommes pas à l’abri de bonnes surprises. Même s’il sera difficile d’occulter le décès de Camille Muffat, disparue tragiquement cet hiver. Son souvenir sera dans tous les esprits. Charlotte Bonnet, sa meilleure amie et partenaire d’entraînement à Nice pendant des années, sera au départ du 200m. En 2013, à Barcelone, Camille avait remporté le bronze sur la distance. Charlotte, qui a passé un cap cette année, aura donc à coeur de démontrer beaucoup de choses sur cette course. D’autres talents féminins émergent également, comme Béryl Gastaldello qui s’entraîne aux USA et qui fut la révélation des championnats de France au printemps. Nous ne sommes donc pas à l’abri de belles surprises chez les femmes.

La concurrence est-elle redoutable ?

Oui, car nous sommes à un an des JO de Rio et il s’agit pour tous d’une ultime répétition. Au premier rang des favoris, il y a bien sûr les Américains, qui disposent de talents exceptionnels comme Katie Ledecky, en passe de réaliser le triplé sur 400, 800 et 1500m. Il y aura aussi l’Australie, autre poids lourd mondial. Et ne sous-estimons pas la Russie, qui veut toujours se sublimer lorsqu’elle organise une grande compétition. La natation incarne dans ce pays une histoire, une culture et un style unique. Fabrice Pellerin, l’ancien entraîneur de Camille Muffat, parle d’ailleurs de « Bolchoï aquatique » pour désigner leurs prouesses. Enfin, il faudra surveiller la Chine, et le Japon avec lesquels la France est en concurrence directe pour rester sur le podium mondial.

Propos recueillis par Yannick Sado

Communiqué de presse France 2 – 10 juillet 2015