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Interview : Gérard Darmon se fait une série polar

Vendredi 28 novembre 2014 – France 2

Il est Ange, LE commissaire principal Renucci. Celui dont toute la Corse connaît les méthodes d’investigation pour le moins personnelles ou les liens tout à fait privilégiés avec le milieu. Il va alors sans dire que l’arrivée du jeune Le Tallec, du genre psychorigide, a bien du mal à lui plaire… Retour sur ce tournage signé Olivier Guignard avec Gérard Darmon.

Qu’est-ce qui vous a décidé à interpréter Ange Renucci dans cette série ?

Gérard Darmon : D’abord, je n’avais jamais participé à une série télévisée. C’était donc l’occasion ou jamais. Ensuite, je trouvais mon personnage complètement atypique, le genre d’homme épicurien, aux méthodes bien personnelles et qui évolue à son propre rythme. J’ajouterais que j’aimais le travail d’Olivier Guignard. Enfin, plus globalement, Duel au soleil est une série à dimension humaine. On n’est pas dans la flaque de sang perpétuelle !

Le travail sur une série vous a-t-il semblé différent de celui à réaliser sur un unitaire ?

G.D : Tout à fait. Dans une même journée, vous pouvez tourner des séquences du deuxième épisode, puis du cinquième, revenir au premier et enchaîner sur le quatrième car les décors s’y prêtent. J’avoue avoir été surpris au départ puis je me suis laissé porter et l’adaptation a bien fonctionné.

S’il fallait reconnaître une qualité à Ange, quelle serait-elle ?

G.D : Ange, c’est un fidèle : à sa famille, à ses amis et à ses valeurs. Mais j’ajouterais une autre qualité principale : c’est un bon vivant De ce fait, il se devait d’avoir un certain embonpoint. J’ai donc pris 12 kg… en arrêtant de fumer. Et croyez-moi, cela n’était pas gagné d’avance. Pour mes proches, c’était même totalement improbable !

Parlez-nous de cette opposition entre Ange Renucci et Sébastien Le Tallec ?

G.D : Le Tallec a pour lui la jeunesse, l’énergie, l’enthousiasme. Mais frais émoulu de l’école, il applique à la lettre l’enseignement qu’il a reçu. Renucci utilise des méthodes plus instinctives parce qu’il connaît le terrain, le milieu. Ange sait d’où il vient, qui sont les gens qu’il recherche, leurs liens familiaux, les coutumes, etc. Le Tallec doit apprendre à mettre les formes et accepter de parfois lâcher le règlement…

Néanmoins, chacun a ses failles et chez les flics comme chez les voyous, les individus n’ont pas forcément un seul visage ?

G.D : Il faut toujours contourner les a priori et éviter les clichés. Je m’efforce d’appliquer ces principes dans ma vie et je suis heureux que mon personnage ne soit pas une espèce de « Terminator Corse », dur au mal, dur au chagrin, dur à tout… Renucci présente plusieurs zones d’ombre (on ignore tout de sa vie sentimentale par exemple), de grande ou de petite faiblesse comme lorsqu’il a mal au cœur en bateau ou qu’il se rend compte que sa fille le mène par le bout du nez. J’ai moi-même une fille de 20 ans, donc, je sais ce que c’est !

Enfin, la Corse vous a-t-elle séduite ?

G.D : J’ai été très impressionné, dans le bon sens. C’était très fort. Vous ne verrez pas forcément une Corse de carte postale : nous avons tourné dans le maquis, dans des villages accrochés à la montagne, dans des bergeries mais aussi sur des plages où la mer et le vent étaient forts. Quant aux Corses, ce sont des gens de cœur qui lorsqu’ils vous donnent leur parole, ils la tiennent. Ces valeurs, cet affect me touchent, peut-être parce que j’ai été élevé par quelqu’un qui venait un peu de ce milieu-là.

Propos recueillis par Béatrice Dupas-Cantet

Communiqué de presse France 2 – 3 novembre 2014