Août 142017
 

Cinéma à l’affiche – Critique – Dunkerque

Walkmovie.info vous propose la chronique du film « Dunkerque » de Christopher Nolan

Film de guerre de Christopher Nolan. Avec Fionn Whitehead, Mark Rylance, Harry Styles, Barry Keoghan, Aneurin Barnard, Kenneth Branagh, Jack Lowden. 1h47 – Sortie le 19 juillet 2017.

21 mai 1940, soldats français et anglais sont encerclés par l’armée allemande. Churchill ordonne l’ordre d’évacuer les troupes anglaises. Il espère en sauver 30 000 alors que 450 000 sont les proies de l’aviation ennemie. L’Angleterre juste en face de la ville assiégée, on réquisitionne des bateaux des pêcheurs, des plaisanciers pour venir en aide. Quelques destroyers tentent aussi le sauvetage en vain. Sur la plage de Dunkerque des hommes tentent de survivre sous la mitraille.

« Dunkerque » s’arrange un peu trop facilement avec l’histoire. Il transforme une déroute anglaise par une évacuation héroïque. Le réalisateur Christopher Nolan exclut les 35 000 soldats français qui arrivèrent à contenir la Wehrmacht avec de l’armement lourd quasi inexistant et en infériorité numérique : un contre 10/30. Une B.O pesante notamment dans les moments critiques prend aux tripes. Ce film retraçant un fait historique pas très glorieux de la Grande-Bretagne aurait eu plus d’épaisseur s’il avait décrit le sacrifice des soldats français notamment dans les combats de rue et des dunes. « Dunkerque » reste un divertissement de bonne facture.

Le film de Henry Verneuil « Week-end à Zuydcoote » (1964) moins spectaculaire retrace mieux le désarroi des soldats sur cette plage damnée.

Phil Marso – 12 août 2017

Mai 172015
 

Critique cinéma – La Tête haute

Film dramatique d’Emmanuelle Bercot. Avec Catherine Deneuve, Rode Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier, Diane Rouxel, Anne Suarez, Elizabeth Manev,  – 2h09 – Sortie le 13 mai 2015.

Film « La Tête haute » d'Emmanuelle Bercot - Sortie le 13 mai 2015

Film « La Tête haute » d’Emmanuelle Bercot – Sortie le 13 mai 2015

La juge pour enfants en voit défiler dans son bureau des plus petits jusqu’à la majorité. Ici nous sommes à Dunkerque, mais cela pourrait être une autre ville. La bonne bouille de Malory huit ans déboule avec sa mère Séverine trop jeune, immature et son petit frère à peine né. Malory grandit dans une agitation perpétuelle, auto-destructeur avec une seule passion : voler des voitures.

Il va de collège en collège pour trouble du comportement, il ne tient pas en place et n’a aucune conscience de son propre devenir. Son casier judiciaire est long comme le bras avec un destin déjà tracé à la case prison. La juge est un sas de décompression, de compréhension à toutes épreuves, mais dans une durée limitée. Est-ce que son nouvel éducateur Yann sera sa planche de salut ?

« La Tête Haute » s’intéresse au parcours d’un jeune délinquant. Le système éducatif judiciaire tente de le sortir de la tête de l’eau ce qui est une tâche plus rude en 2015. Terminé les internats dès l’âge de 10 ans qui permettait un suivi éducatif sur plusieurs années avec à la clé, apprendre un métier dès l’âge de 14 ans. Depuis plusieurs décennies, on case ces jeunes en famille d’accueil, en foyer, mais sur des délais très courts. Quand il y a de la famille, on les réinjecte dans son milieu d’origine au gré d’un comportement apaisé.

Chaque cas est particulier et dans le personnage de Malory, l’absence d’un père et d’une mère pas très structurée alourdit l’addition. L’épée de Damoclès de la majorité est souvent évoquée dans le film avec le leitmotiv : avoir un projet ! À travers ce film quelques réminiscences de mon passé m’ont interpellé avec la tentation d’exclamer « branleur » à l’encontre du fameux Malory.

Ne voyez pas en moi, un ton moralisateur, mais une marque de tribu indélébile pour ceux qui ont connu un parcours semblable plus ou moins chaotique. Par contre je n’ai pas le souvenir qu’un éducateur m’est balancé un jour que l’État dépense 800 € / jour, mois  pour que je m’en sorte. C’est dire que la loi du marché et de son syndrome des statistiques judiciaires ont souvent le dernier mot.

« La Tête Haute » a pour objectif de secouer le spectateur ce qu’il réussit en partie. La fin tombe trop dans la facilité à mon sens. En définitive, ce film aurait eu le mérite de s’attaquer non pas qu’à un seul et unique Malory, mais à plusieurs. Ceci pour montrer que l’on gagne, qu’on perd à tenter de relever la tête.

 Phil Marso – 17 mai 2015

Source : Walkmovie.info