Nov 142015
 

Interview : Le Passager, l’enfant de Grangé

Avant d’être une série, Le Passager est un roman de Jean-Christophe Grangé. Un succès de plus à épingler à sa bibliographie. Un thriller haletant qu’il a adapté lui-même pour la télévision. Explications.

Vos univers sont bien souvent étranges et très originaux, où puisez-vous votre inspiration ?

Principalement dans ma base de données personnelle, que j’ai constituée au cours de ma vie de journaliste-voyageur-aventurier entre 1990 et 2000. Nous devions, avec mon binôme photographe, ramener les sujets les plus originaux possibles pour avoir une chance d’être publiés. J’ai gardé cette habitude de fouiller et de trouver des histoires que les autres ne connaissent pas.

Pour Le Passager, quel a été votre point de départ ?

En l’occurrence, la source de ce personnage ne vient pas d’un de mes reportages mais d’un ami qui avait évoqué les fugues psychiques. Je me suis ensuite documenté et dans un des ouvrages de référence j’ai trouvé l’exemple d’un homme qui, une fois soigné, retrouve son identité ; mais les médecins s’aperçoivent vite qu’il s’agit là encore d’une personnalité d’emprunt. Les différents caractères se sont emboîtés comme des poupées russes.

Mathias Freire est psychiatre, il aide Anaïs Chatelet, la flic. Mais qui mène véritablement l’enquête ?

Lui, certainement. Il mène l’enquête mais c’est une enquête sur lui-même. Et au fur et à mesure qu’il avance et remonte le fil des univers où il a été quelqu’un d’autre il reconstitue le puzzle de l’affaire des meurtres en série suivie par Anaïs. Ce sont deux enquêtes mêlées dans lesquelles les personnages se retrouvent parfois très intimement.

Au moment de l’écriture du roman, aviez-vous déjà à l’esprit une possible adaptation ?

J’ai une sensibilité assez cinématographique et visuelle qui influence mon style et le rythme de ma narration. Ainsi, il existe une proximité naturelle entre mes bouquins et l’audiovisuel. Mais je n’y pense jamais au moment de l’écriture. C’est un piège de faire quelque chose en pensant à une autre. Quand j’écris, je pense avant tout à mes lecteurs.

Connaissiez-vous déjà les producteurs du Passager ?

Oui. J’avais travaillé avec Thomas Anargyros et Edouard de Vésine sur Le Vol des cigognes. Au moment de la préparation de ce film, j’étais en pleine écriture du Passager. Un jour, lors d’une conversation, j’en ai évoqué l’histoire et les deux comparses se sont montrés très intéressés. Par amitié et par proximité, ils ont eu naturellement la primeur du roman.

Écrire l’adaptation de vos romans est un exercice qui vous séduit ?

Beaucoup estiment que la personne la moins bien placée pour adapter un livre est l’auteur lui-même. Je pense que cela dépend à la fois de l’auteur et du livre. Si vous êtes souple et ouvert aux suggestions des producteurs et du réalisateur, vous êtes un très bon candidat pour rédiger le scénario parce que vous connaissez votre bouquin par cœur. Vous savez exactement ce que vous pouvez couper ou non pour que l’intrigue tienne toujours debout.

Comment avez-vous travaillé avec Jérôme Cornuau, le réalisateur ?

Jérôme est à la fois intelligent et modeste. Il n’avait pas besoin de venir piétiner mon travail pour marquer son territoire, et nous avons avancé dans une entente commune. J’aime beaucoup les scènes de réminiscences et de rêves. Il a su admirablement bien montrer le flou qui s’épaissit dans l’esprit de Mathias Freire. Les flashs sur ses différentes identités et ceux sur les meurtres et les corps sont assez stylisés. Des scènes comme celles-ci, dans un livre, sont un peu exagérées ou un peu théâtrales… Seulement, l’imagination du lecteur œuvre secrètement et ça passe. Alors que lorsqu’il s’agit de les mettre en images, elles peuvent être complètement ratées ou granguignolesques. Pourtant, Jérôme a très bien réussi à traduire ces images oniriques et fantasmées du roman. Parfois horribles mais d’une beauté terrifiante.

Propos recueillis par Diane Ermel

Communiqué de presse France 2 – 20 octobre 2015

Oct 242015
 

Programme TV – Magazine People

50 MN Inside : France Gall se confie dans un lieu de musique très intime

Samedi 24 octobre 2015 – TF1 – 19h05

Une émission présentée par Sandrine Quétier et Nikos Aliagas
Proposée par TF1 Production

Une rencontre inattendue avec une France Gall naturelle et plus en forme que jamais. C’est à Paris, dans son studio d’enregistrement design, que France Gall accueille   » 50 MN INSIDE  » pour un tête-à-tête avec Nikos Aliagas surprenant.

Émouvant portrait en 5 dates sur le parcours atypique de l’une des personnalités marquantes de la chanson, entre confessions intimes et succès professionnel.

Découvrez la comédie musicale RÉSISTE du 4 novembre 2015 au 9 janvier 2016 au Palais des Sport de Paris pour retrouver les plus belles chansons de France Gall et Michel Berger.

Chaque samedi :  » 50 MN INSIDE L’ACTU  » à 19h05.
Retrouvez 50 MN INSIDE en replay sur MYTF1, l’offre à la demande multi-écrans de TF1 !

 Communiqué de presse TF1 – 23 octobre 2015

Sep 082015
 

Interview – Simon Baker : Mentalist et maintenant ?

tf1
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«Le rôle de Patrick Jane a tenu une grande place dans ma vie d’acteur». Simon Baker résume ainsi ses sept années dans la peau du consultant le plus emblématique du CBI, puis du FBI. Désormais en couple avec Teresa, Patrick va apprendre à lâcher prise pour vivre, avec elle, une relation amoureuse qui sera loin d’être un long fleuve tranquille… Quel avenir le mentaliste prédit-il pour eux ? Rencontre avec le comédien, en février dernier, de passage à Paris pour remettre les clés de sa chère DS à Nonce Paolini, Président-Directeur Général du Groupe TF1.
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Simon Baker | Julien Cauvin/TF1
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Le baiser échangé avec Teresa lors du dernier épisode de la saison 6 était la promesse d’un amour naissant. Qu’en est-il au début de cette ultime saison ?

Les téléspectateurs vont découvrir une face plus intime du personnage de Patrick Jane. Va-t-il pouvoir vivre et conserver une relation amoureuse ? La septième sera celle de l’espoir. Ce qui arrive à Teresa et Patrick est le choix assumé de deux adultes restés longtemps célibataires. En ce début de saison, ils continuent à travailler ensemble, veillent l’un sur l’autre mais, pour l’heure, ils ont décidé de garder leur relation secrète. Ils ont réussi en tant que partenaires, ils vont désormais devoir réussir en tant que couple. Ce sera leur grand défi.

Patrick se pose légitimement des questions sur son avenir. Aspire-t-il à voguer vers de nouveaux horizons ?

Certainement. Patrick ne conçoit pas son existence sans Teresa à ses côtés. Il imagine désormais ce que pourrait être leur vie, ensemble, loin du FBI et du danger perpétuel auquel ils sont confrontés. Pour autant, Teresa est très attachée à son métier et elle n’envisage absolument pas de rendre son insigne. Ils vont donc devoir mener une réflexion profonde sur leur vie personnelle et faire, à un moment ou un autre, un choix de vie. Pour l’heure, ils sont heureux d’être ensemble. Leur connivence est encore plus forte et ils se comprennent d’un simple regard entendu… En tant qu’acteur, explorer cette facette de mon personnage fut très intéressant car cet angle n’avait jamais été abordé jusqu’alors dans la série.

Deux nouveaux visages arrivent cette saison, Michelle Vega et Jason Wylie, incarnés par Josie Loren et Joe Adler…

Lorsque de nouveaux personnages font leur arrivée dans la série, cela crée une dynamique et de nouveaux axes à explorer. Les scénaristes ont d’ailleurs parfaitement réussi à mettre en avant ce jeune couple. Dès leur arrivée, Patrick Jane les a très bien cernés. A l’instar des deux héros qui essaient de construire leur relation amoureuse, Michelle et Jason sont de jeunes collègues très complices, comme l’étaient Teresa et Patrick dès leurs premières enquêtes ensemble, sur le terrain.

Pensez-vous que le public sera surpris par l’épisode final de la série ?

Je ne peux révéler si les héros connaîtront une fin heureuse ou tragique. Je pense, en revanche, que le public sera satisfait du final. Si tel n’est pas le cas, c’est trop tard !

Quels rapports entretenez-vous avec Robin Tunney  après sept ans de collaboration ?

Robin et moi sommes devenus des amis proches. Je la considère comme une sœur. Avec le temps, nous nous connaissons parfaitement : nous formons un vieux couple !

Quels sont vos projets ?

Je vais d’abord m’octroyer un break relativement court, en famille. Je travaille actuellement sur le développement d’un film que je souhaite réaliser et dans lequel j’aimerais également jouer. J’espère que ce projet sera terminé à la fin de l’année. J’ai pris beaucoup de plaisir à réaliser cinq épisodes de la série Mentalist et être derrière la caméra me convient parfaitement. Le rôle de Patrick Jane a tenu une grande place dans ma vie d’acteur, mais je suis désormais prêt à relever de nouveaux défis.

Vous êtes un grand amoureux de notre pays. Une région vous tient-elle particulièrement à cœur ?

J’ai découvert la France il y a une quinzaine d’années et depuis, je ne peux passer un an sans venir dans ce si beau pays. J’ai eu l’occasion de visiter de nombreuses régions et j’ai déjà passé un mois sur place. Ce qui me surprend le plus est le contraste entre la ville et la campagne. Paris est sûrement la plus belle ville du monde. Si je suis déjà venu dans la capitale une vingtaine de fois, je suis toujours ébloui par la beauté des lieux. J’adore me promener le long de la Seine. Peu importe la saison et le temps, c’est toujours magnifique. De nombreux endroits dans le Sud-Ouest comme Hossegor ou Biarritz me tiennent particulièrement à cœur… notamment pour le surf.

Mentalist est diffusé tous les mardi soir à 20h55 sur TF1

Communiqué de presse TF1 – août 2015

Août 252015
 

Programme TV – Série TV – Blacklist – Saison 2

Mercredi 26 août 2015 – TF1 – 20h55

Interview – James Spader

« Reddington va encore plus vous surprendre ! »
De passage à Paris au mois de mai, James Spader, alias Raymond Reddington, dévoile ce que réserve la deuxième saison de «Blacklist» aux téléspectateurs français, suite au final haletant diffusé en octobre dernier. Le comédien se confie également sur son personnage et ses relations orageuses avec Elizabeth Keen, avec laquelle Red forme le duo aussi incontournable qu’énigmatique de la série. Rencontre.
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Crédit photo : James Spader | NBC

Comment votre personnage va-t-il évoluer ?

A la fin de la première, tous les personnages principaux ont traversé une grande crise. Tout le monde a été touché, y compris Reddington qui n’a pu éviter certains dangers. Il doit désormais s’atteler à retrouver coûte que coûte son ennemi, Berlin, avant qu’il ne crée plus d’ennuis. Parallèlement, il va poursuivre sa collaboration avec Elizabeth Keen et la cellule spéciale du FBI pour arrêter de grands criminels dont les autorités ne soupçonnaient pas même l’existence. Dans cette saison, nous passons à la vitesse supérieure. Les enjeux sont plus élevés. L’histoire se concentre également plus sur la vie privée d’Elizabeth Keen et, surtout, sur son passé. Tous les protagonistes de Blacklist vont faire face à de plus grands dangers, des situations encore plus complexes. Si une certaine frivolité était au rendez-vous l’an passé, le ton est aujourd’hui plus grave.

Qu’en est-il des relations entre Reddington et sa chère «Lizzy» ? Red va-t-il être plus proche d’elle ou plus distant ?

Leurs relations vont être très tumultueuses. Depuis le début, ces deux personnages sont liés à vie. Elizabeth tente de percer les mystères de Red, mais celui-ci demeure impénétrable. De même, Reddington continue de veiller sur elle, quitte à s’emporter lorsqu’elle prend des risques qu’il juge inutiles. Le mystère qui les entoure reste entier. Une chose est certaine, ils comptent beaucoup l’un pour l’autre. Une certaine intimité va s’installer entre eux avant de voler en éclats suite à des révélations. Ils se retrouveront avant de se séparer une nouvelle fois. Leur relation est beaucoup plus explosive et instable que dans la première saison.

En quoi cette seconde saison est-elle différente ?

La vie ne tient qu’à un fil pour chacun des héros. Chaque enquête, dans des milieux aussi différents que surprenants, donne lieu à des situations d’extrême urgence. Le suspense tient une large place dans le scénario et les rebondissements sont nombreux. Red va devoir porter secours à une proche, en danger malgré lui. Les téléspectateurs vont très vite découvrir à quel point le passé d’Elizabeth et de Red va rejaillir et les bouleverser profondément. Pendant longtemps, Reddington a pu tenir les chiens à distance. Désormais, ceux-ci sont en liberté et décidés à se battre. Red va ainsi se retrouver vulnérable à plusieurs reprises. Mon personnage va fendre l’armure. Sa sensibilité va être mise à jour. Nous allons en savoir plus sur ce qu’il aime, ce qui compte à ses yeux et, surtout, sa vision de la vie ainsi que les raisons qui l’ont poussé à devenir ce qu’il est. Reddington va encore plus vous surprendre !

Tom Keen reste de près ou de loin lié à Elizabeth…

Les téléspectateurs vont découvrir un pan du passé de leur couple qu’ils ignoraient. Tom Keen demeure un personnage très mystérieux, même si nombre de secrets à son sujet sont mis à jour dans cette seconde saison. Certaines révélations vont s’avérer surprenantes… Qui est-il vraiment ? Pourquoi a-t-il accepté d’entrer dans la vie d’Elizabeth ? Ses sentiments pour elle ont-ils faussé sa mission initiale et jusqu’où peut-il aller aujourd’hui pour elle ?

Vos fans français attendent impatiemment le retour de Blacklist…

La situation de crise amorcée dès la fin de la première saison avec le crash de l’avion à New York, qui a permis à Berlin et aux autres prisonniers de s’enfuir, va tout remettre en question. Que va-t-il se passer maintenant dans la vie des personnages ? Ce nouvel opus promet d’être très captivant et d’apporter certaines réponses, mais pas toutes…

Avez-vous toujours rêvé de devenir comédien ?

Non, même si enfant, je passais beaucoup de temps à essayer de ressembler à des personnages différents. J’ai toujours adoré lire et la lecture a nourri mon imaginaire. Plus jeune, je me voyais tour à tour détective privé, gangster, pompier, indien, chevalier, Robin des bois… J’ai très longtemps joué à imiter ces héros réels ou fictifs, probablement plus que les autres enfants. Cette appétence à entrer dans la peau de personnages m’a suivi et j’en ai fait mon métier !

Qu’est-ce qui vous séduit dans le rôle de Reddington ?

J’apprécie le regard qu’il porte sur le monde et surtout, son amour pour la vie. Il connaît la valeur de chaque moment et sait profiter de l’instant présent. Il y a un décalage entre la froideur qu’il peut parfois dégager et son profond respect de l’être humain. C’est un personnage complexe, passionnant à interpréter.

Avez-vous des traits communs avec lui ?

Nous avons la même voix, la même coiffure et il me ressemble beaucoup sur le plan physique. Nous partageons le même plaisir pour les petits et grands bonheurs que nous offre l’existence. Tout comme Reddington, j’aime parcourir le monde et suis curieux des êtres qui m’entourent. J’adore aussi rire et connaître le plus d’expériences possible.

Venez-vous souvent en France et qu’appréciez-vous ici ?

Je viens le plus souvent possible car j’adore ce pays. Mes premiers souvenirs remontent à mes 2 ans. Je passais alors mes vacances dans le sud de la France, plus précisément à Beaumes-de-Venise, une petite ville située près de Carpentras. Cannes tient aussi une place particulière dans mon cœur… A chaque venue, j’y ai toujours été chaleureusement reçu. J’adore naturellement Paris, tout comme la Bourgogne. Mes parents étaient enseignants et durant une année sabbatique, nous avons parcouru l’Europe en voiture, à la découverte de l’Italie, de l’Angleterre… Ce que j’affectionne le plus en France est la diversité des régions. Les paysages sont très différents de l’une à l’autre et je ne me lasse pas de les découvrir.

Communiqué de presse TF1 – 4 août 2015

Août 232015
 

Championnat du Monde d’Athlétisme 2015 – Pékin

Interview du consultant Stéphane Diagana

« Avec le potentiel de la génération actuelle, tout reste possible »

Cet été, l’équipe de France d’athlétisme devra en découdre à Pékin, à l’occasion des 15es championnats du monde. Mais en dépit d’une concurrence redoutable, les Tricolores ont de réelles chances de médailles. Stéphane Diagana, consultant pour France Télévisions, en est convaincu.

Pour les Français, la tâche s’annonce assez compliquée…

L’équipe de France devra composer avec les forfaits de plusieurs pointures, il est donc difficile de se prononcer : Eloyse Lesueur à la longueur, Teddy Tamgho au triple saut, ou encore Mahiedine Mekhissi au 3 000 m steeple et au 1 500 m, manqueront à l’appel pour cause de blessures. Fut un temps, l’absence de tels leaders aurait réduit à néant toutes nos chances.

Mais avec le potentiel de la génération actuelle, tout reste possible. Renaud Lavillenie fera ainsi figure de grand favori pour s’adjuger le titre mondial au saut à la perche. Notons d’ailleurs que le titre de champion du monde en plein air est justement le seul qui manque encore à son prestigieux palmarès. Pascal Martinot-Lagarde, qui s’est imposé dans l’épreuve du 110 m haies aux derniers championnats d’Europe en salle, a également une carte à jouer. Côté féminin, nos chances reposeront en partie sur les épaules de Marie Gayot au 400 mètres. Et surtout sur Mélina Robert-Michon, vice-championne du monde du disque.

Quelles nations faut-il surveiller ?

Une fois encore, les Etats-Unis et la Jamaïque font figure d’épouvantails. Au sprint, Justin Gatlin, fort d’un excellent début de saison, demeure le principal rival d’Usain Bolt. Tandis que Yohan Blake et Asafa Powell, toujours sur 100 m, tenteront de déjouer les pronostics. On suivra de très près les performances du Kenyan David Rudisha, de retour après une longue blessure. Tout comme celles de l’Ethiopienne Ayana Dibaba qui réalise des résultats impressionnants cette année sur 5 000 mètres.

Ces championnats pourraient aussi bel et bien marquer l’histoire avec un record en perspective au triple saut, où l’opposition très attendue entre le jeune Cubain Pedro Pablo Pichardo et l’Américain Christian Taylor risque d’électriser les travées.

Face à une telle concurrence, peut-on se risquer à un pronostic pour les Tricolores ?

On peut espérer entre trois et six médailles : six podiums serait un très bon résultat compte tenu du nombre de blessures, et trois récompenses constitue un minimum. En-dessous de cet objectif, on pourrait parler de contre-performance.

Propos recueillis par Yannick Sado

Communiqué de presse France 2 – 4 août 2015

Août 212015
 

Programme TV – Secret Story – TF1

Interview – Adrien Lemaitre : « J’essaie d’apporter ma touche personnelle »

Adrien Lemaitre continue son aventure dans «Secret Story» ! Un programme qui lui tient à cœur depuis le début car, en plus de participer à l’«After Secret», il est également producteur artistique de Secret Story : le Debrief et de l’After. Cette année sonne le renouveau avec de nouveaux experts et plus de live.

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Crédit photo : ADRIEN LEMAITRE | TF1 – NT1

Vous êtes Monsieur Secret Story !

C’est une grande histoire d’amour entre nous : je fais partie des tauliers de l’émission car j’y suis depuis neuf saisons maintenant, à la fois du côté de l’antenne et de la production. Cette année, un gros dispositif est prévu sur TF1 et NT1. Je serai avec Christophe Beaugrand, Leila Ben Khalifa et Julie Taton sur le plateau de Secret Story : Le Debrief et celui de l’After. Nous souhaitons développer une émission plus live, avec plus de plateau et plus d’ambiance. La connexion avec la maison des secrets et les candidats sera renforcée. Je suis très content de travailler avec Christophe car il aime tellement cette émission, c’est le fan numéro un des commentaires sur Twitter !

Quel sera votre rôle ?

Je serai l’expert des réseaux sociaux, le journaliste un peu impertinent qui aura récupéré des messages piquants. Pour décrypter les images, j’aurai l’œil sur la maison 22h/24. J’essaie d’apporter ma touche personnelle, un second regard… J’adore le live car tout peut arriver. Secret Story est une émission unique car multi-entrées : c’est à la fois un jeu, un divertissement, une téléréalité et un magazine sociétal avec tous les secrets qu’il peut y avoir.

Quel est le plus difficile dans la réalisation de l’émission ?

Trouver les images qui doivent être le plus parlantes.  Nous voulons avoir de l’humour et un certain décalage. Heureusement, je ne suis pas tout seul pour le faire, l’équipe fait un travail brillant !

Quel est le plus agréable ?

Quand le public est réceptif et rigole !

Communiqué de presse TF1 – 4 août 2015

Août 212015
 

Programme TV – Secret Story – TF1

Interview – Leila Ben Khalifa : «La France m’a beaucoup donné»

Après une victoire la saison passée dans la maison des secrets, Leila Ben Khalifa revient sur TF1 et sur NT1 dans la peau d’une experte insideuse ! Elle participera à Secret Story : le Debrief tous les soirs après la quotidienne. Une nouvelle expérience pour la jeune femme.

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Crédit photo : LEILA BEN KHALIFA | TF1 – NT1

Quelle sensation vous procure ce retour dans «Secret Story» ?

C’est très émouvant car j’ai l’impression de revenir dans ma famille. Et c’est grâce à cette famille que le public français m’a découverte. J’ai hâte que la saison commence, je me sens comme un enfant qui rentre dans son magasin de jouets préférés !

Mais cette fois-ci vous n’aurez pas de secret !

Non, mais j’aurai un autre costume : celui d’experte. Je donnerai mon avis sur le quotidien de la maison. Grâce à mon passé, j’arriverai à ressentir ce que vivent les candidats, à mieux les comprendre. Dans Secret Story Le Debrief, je serai avec Julie Taton, Adrien Lemaitre et Christophe Beaugrand. Entourée d’eux, j’espère apprendre car cette expérience en plateau est nouvelle pour moi. Et si elle me plaît, pourquoi ne pas me lancer dans l’animation!

Aimeriez-vous avoir votre propre émission un jour ?

J’adorerais ! Ça me plairait de faire une émission sur la mode car je viens de ce milieu. Je verrais quelque chose comme une «fashion police»… Si j’en suis capable bien sûr ! Tenir un programme toute seule, ce n’est pas donné à tout le monde, je compte beaucoup sur cette expérience à Secret Story pour emmagasiner de l’expérience. Pour la suite, on verra…

Quelle est la recette pour remporter l’émission ?

Le plus important est de rester soi-même, dire la vérité et être honnête. Il ne faut pas jouer de rôle. C’est grâce à cela que j’ai gagné. La France m’a beaucoup donné : la victoire, des fans et l’amour. Je ne pouvais souhaiter plus !

Communiqué de presse TF1 – 4 août 2015

Août 212015
 

Programme TV – Secret Story

Interview – Julie Taton : «Un défi que je souhaite relever ! »

Julie Taton partage son quotidien entre la Belgique et la France. Nous la découvrirons dans Secret Story : Le Debrief, la nouvelle émission quotidienne de décryptage tous les jours aux côtés de Christophe Beaugrand et des deux experts Leila Ben Khalifa et Adrien Lemaitre.

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Crédit photo : JULIE TATON | TF1 – NT1

Nous vous retrouvons bien entourée  sur TF1 et NT1 !

J’en suis très heureuse ! Surtout que j’ai pu rencontrer Christophe Beaugrand lors de Splash. Il était alors vêtu de son maillot de bain et en haut du plongeoir. Ça crée des liens ! Je suis très contente que l’on se rejoigne devant la caméra pour présenter Secret Story : Le Debrief car je l’apprécie et j’aime beaucoup son dynamisme, c’est un réel plaisir. Je ne connaissais pas Adrien et Leila que j’ai rencontrés récemment. Je suis plutôt détendue, ça va bien se passer !

Pourquoi accepter de participer à «Secret story» ?

Je me souviens de la toute première saison et nous en sommes déjà à la neuvième ! Ça ne nous rajeunit pas… Je suis enchantée de me retrouver sur un programme où la bonne humeur, la légèreté, le direct et la spontanéité sont présents. Il s’agit d’un chouette exercice. Nous avons pour objectif de redynamiser l’émission, apporter du nouveau, c’est un défi que je souhaite relever !

C’est la première fois que vous animerez une émission de téléréalité en France…

J’aime le contact avec les gens. Dans Coup de foudre au prochain village, je me suis éclatée car on était sur le terrain et on découvrait les personnalités des candidats. Sur Splash, il y avait ce côté décisif lorsque les participants n’étaient pas rassurés mais devaient plonger. Le côté émotionnel était démultiplié. Secret Story est encore différent mais on sera dans l’émotion. L’aspect humain et le jeu sont, je pense, les mots clés de l’émission.

Auriez-vous pu y participer ?

Non, je ne pense pas car je ne sais pas garder un secret !

Communiqué de presse TF1 – 4 août 2015

Août 212015
 

Programme TV – Secret Story – TF1

Interview – Christophe Beaugrand : « Cette équipe va faire des étincelles ! »

Présentateur des hebdos et de la quotidienne, Christophe Beaugrand retrouvera tous les soirs Julie Taton et deux experts pour décrypter les faits et gestes des habitants de la maison des secrets. Une nouvelle équipe pour redynamiser l’émission.
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Crédit photo : CHRISTOPHE BEAUGRAND | TF1 – NT1

Pour cette neuvième saison, réservez-vous quelques surprises aux téléspectateurs ?

En plus du rendez-vous hebdomadaire et de la quotidienne, un magazine en direct sera diffusé tous les soirs Secret Story : Le Debrief. Julie Taton, Leïla Ben Khalifa et Adrien Lemaitre y participeront. Ils seront chargés de raconter ce qu’il se passe dans la maison, commenter les images, interviewer les sortants et les invités ; le tout dans la bonne humeur !

«Secret Story» innove !

Notre force est que nous serons en live et nous découvrirons la vie des candidats en temps réel. Ce magazine sera pour la première fois réalisé en présence du public, des jeunes de plus en plus connectés. Cette présence ajoute un plus, une chaleur sur le tournage. Nous souhaitons le faire exister. Pour cela, un jeu exclusif va être mis en place : tous les jours, un fan de Secret Story viendra en plateau et devra répondre à des questions concernant les neuf saisons de l’émission. Le vainqueur pourra entrer dans la maison des secrets en fin de saison ! Notre offre me paraît séduisante, c’est une vraie innovation pour le téléspectateur que nous souhaitons davantage impliquer. Je récupère le «bébé» de Benjamin Castaldi et mon envie est de le faire grandir afin de pérenniser le concept pour de prochaines saisons. Nous espérons que le public nous suivra. Nous avons toutes les armes pour proposer un vrai divertissement !

Avez-vous déjà travaillé avec Leïla Ben Khalifa, Adrien Lemaitre et Julie Taton ?

Je connais Adrien depuis longtemps puisqu’il est producteur artistique de l’After. Nous sommes proches et travaillons en toute confiance pour proposer le meilleur programme possible. Julie Taton, je l’ai croisée dans Splash, elle co-animait l’émission et je faisais partie des plongeurs. Nous avons passé de bonnes soirées ensemble ! Elle était présente sur le plongeoir juste avant le saut, ça crée des liens ! Elle m’a vu en stress total sur le dix mètres…  Je suis ravi de la retrouver. Leïla, je l’ai vue sur plusieurs tournages pour 50 Mn Inside. Elle est magnifique et j’ai été bluffé lorsque nous tournions le pilote de l’émission car elle a une vraie répartie, elle est rigolote et a énormément d’autodérision. Le public va la découvrir autrement.  À mon avis, cette équipe va faire des étincelles !

Communiqué de presse TF1 – 4 août 2015

Juil 102015
 
Interview Gilles Bouleau : Une partition en équipe !
A l’occasion du traditionnel défilé du 14 Juillet, Gilles Bouleau livre le dispositif exceptionnel mis en place par TF1. En plus de commémorer plusieurs anniversaires, cette année sera l’occasion de dévoiler des images inédites, de faire des rencontres marquantes et de découvrir de nouveaux corps de métiers. Un événement marqué par des moments forts avec, toujours, une dose d’imprévu appréciée par le journaliste.
Défilé du 14 juillet 2015
Gilles Bouleau, Christophe Pallée, Anne-Claire Coudray, Louis Bodin, Michel Scott | © Julien Cauvin / CMN / TF1
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L’an dernier nous commémorions le centenaire de la Grande Guerre. Quels seront les temps forts cette année ?

Il y en aura plusieurs : l’anniversaire connu de tous les collégiens et lycéens, les soixante-dix ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale ainsi que les soixante-quinze ans de l’ordre de la Libération créé par le Général de Gaulle. Les compagnons de la libération sont encore une quinzaine d’hommes remarquables, le plus jeune a 89 ans, et ils ont tous des personnalités exceptionnelles. Ils raconteront ce que signifient, pour eux, le 14 Juillet, la guerre et la paix. Leur témoignage est très touchant. 2015 est également le centième anniversaire de l’ECPAD, le centre d’archives et de production audiovisuelle de l’armée. Des soldats, cinéastes et documentaristes, sur les terrains de conflits, au plus près de l’action, la racontent en images. L’an dernier, nous avions exhumé des images inédites de la Grande Guerre. Le pari est de faire résonner ces archives avec l’actualité, car cette année encore, des soldats de l’ECPAD se déploient en zones de guerre. Nous essaierons de les retrouver au cours du défilé. Enfin, le Mexique est l’invité de marque de cette édition. Cela impliquera, pendant  le défilé, de belles surprises visuelles et technologiques.

Quel dispositif sera mis en place par TF1 ?

Afin d’allier la mémoire, l’événement et le spectacle, nous serons à bord d’un Alphajet de la Patrouille de France avec un homme qui devrait cogner son casque contre le plexiglas parce qu’il est grand… Denis Brogniart ! La patrouille sera déployée en forme de Croix de Lorraine pour célébrer les soixante-dix ans de la fin de la guerre. De même, Louis Bodin nous fera partager le quotidien des marins à bord d’une grande frégate en Méditerranée. Nous souhaitons, comme chaque année, faire comprendre les choses concrètement. Ce sera un beau 14 Juillet, «weather permitting»* comme le disent les anglais !

Comment arrivez-vous à faire partager ce genre d’événement pour tout le monde ?

Il faut avoir à l’esprit que l’on s’adresse à un public multiple : à des jeunes qui découvrent le 14 Juillet pour la première fois et à des personnes férues de défilés militaires qui en ont vu beaucoup avec leurs rituels et leurs nouveautés. Heureusement, le 14 Juillet s’inscrit toujours dans un contexte géopolitique. La France est en guerre lorsqu’elle intervient à l’étranger, comme au Sahel actuellement avec l’opération Barkhane, et lorsqu’elle est menacée, en témoignent les attentats de début janvier. Jamais depuis la guerre d’Algérie, il n’y a eu autant de soldats déployés sur le territoire français. Ils veillent sur des bâtiments, des monuments publics, des écoles, des lieux de culte… Ce 14 Juillet reflétera forcément cette réalité. Je pense que dans la ferveur des spectateurs pour les soldats, il y a aussi le remerciement. Cela permet de jauger le rapport entre un pays et son armée  mais aussi une armée à l’aune d’éventuelles restrictions budgétaires. Le défilé est également une façon de découvrir l’évolution des technologies. Notre travail, avec Anne-Claire Coudray et Michel Scott, est d’expliquer, de commenter et d’analyser ce que nous observons afin que le téléspectateur puisse y voir plus clair. Plusieurs thèmes coexistent lors de cette fête nationale : l’aspect institutionnel, officiel, technologique, économique, militaire, diplomatique et spectaculaire dans ce lieu merveilleux, les Champs-Élysées. Charge à nous de montrer cela de manière inédite !

Vous partagez la présentation avec Anne-Claire Coudray. Comment préparez-vous cet événement ?

Nous faisons beaucoup de fiches et nous assistons à toutes les répétitions. Celle de la veille à 5h du matin nous donne l’ordre exact du défilé avec toutes les spécificités de chaque régiment. Nous essayons d’apporter de l’humain, du vécu, du concret. C’est une sorte de partition en équipe qui laisse de la place à la spontanéité. Chacun de ces régiments transporte avec lui sa culture, son histoire, sa devise, sa formation… Cela représente beaucoup de travail. Cet événement permet une plongée passionnante dans l’histoire de la France qui a été une grande puissance militaire.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cet exercice en direct ?

L’aspect sans filet, cet équilibre entre l’extrême préparation et l’imprévu. Ainsi que la complicité avec Anne-Claire Coudray, Michel Scott et tous nos envoyés spéciaux. Sans oublier le sérieux et une pointe d’humour car nous ne commentons pas des funérailles mais une fête nationale. Je pense que les téléspectateurs jugent ces quatre heures de direct en fonction de la richesse et de la fluidité du commentaire qui ne doit pas écraser l’événement. La complémentarité est nécessaire. Avec Anne-Claire Coudray, nous travaillons ensemble depuis quelques années. Notre duo est renforcé par une troisième personne, Michel Scott. Ce n’est pas une opération solitaire mais un entrelacs de personnalités, de tons, et nous profitons d’une assez grande liberté à l’occasion d’un événement très codifié.

Quel moment du défilé préférez-vous ?

J’aime tout car cet événement se passe en trois temps : l’avant, le pendant et l’après. L’avant est réservé à la prise d’antenne jusqu’au défilé, ce sont des séquences imaginées depuis plusieurs mois avec Philippe Perrot, le rédacteur en chef de cette spéciale. Pendant le défilé, nous sommes complices avec Anne-Claire Coudray et Michel Scott. Il faut susciter de l’envie, donner de l’élan et éviter la routine. L’après défilé dure plus d’une heure. C’est très intéressant car il y a de l’imprévu : le Président va-t-il prendre un bain de foule ? Il faut se laisser bousculer tout en gardant la maîtrise de l’exercice qui se prépare… depuis le 15 juillet de l’année précédente !

* si le temps le permet

Communiqué de presse TF1 – 23 juin 2015

Mai 282015
 

Interview Kader Boudaoud : Le PSG face à l’Histoire

Samedi 30 mai 2015 – France 2 – 21h – Finale Coupe de France

D’un côté, le leader du championnat de France de Ligue 1. De l’autre, le 9e de Ligue 2. Dans un camp, des joueurs en passe de remporter trois titres en une saison. Dans l’autre, une équipe dont le dernier sacre national remonte à 2005. Pour l’AJ Auxerre, qui défie le PSG, la meilleure formation française du moment, en finale de la Coupe de France, la tâche s’annonce des plus périlleuse. Pour autant, en Coupe de France plus que dans n’importe quelle compétition, les footballeurs adorent déjouer les pronostics. Kader Boudaoud, commentateur du rendez-vous avec Emmanuel Petit, en sait quelque chose. 

Cette finale, est-ce David contre Goliath ?

Oui, l’affiche est effectivement assez déséquilibrée. Surtout lorsqu’on voit ce que réalise le PSG, qui à l’heure actuelle est tout simplement la meilleure équipe de France et l’une des meilleures d’Europe. La formation parisienne file tout de même vers un troisième titre de champion consécutif, après avoir déjà remporté la Coupe de la Ligue en avril. Après, cela reste une finale de Coupe de France, avec un duel de 90 minutes et tout ce que cette compétition comporte en part de magie et d’émotions. Cela étant, le match n’est pas plié d’avance. En football, il est impossible d’être à l’abri d’une surprise. Mais je dirais que ce genre d’affiche opposant un petit à un grand s’inscrit dans la plus pure tradition de la Coupe.

Auxerre a t-il des raisons d’y croire ?

Pour Auxerre, il faut essayer de tenir le maximum de temps sans encaisser de but. Plus ils gagneront de temps, plus ils vont inspirer le doute dans les rangs parisiens. C’est un peu la clef de ce type de matchs : le moins fort doit résister le plus longtemps possible pour faire déjouer le favori. La confrontation actuelle est encore plus déséquilibrée à mon sens que celle de 2012, opposant l’US Quévilly, qui évoluait en National, à Lyon, 4e de Ligue 1. Après qui sait ce qui peut survenir ? Auxerre parviendra peut-être à pousser Paris à la prolongation, voire aux tirs au but. En tout cas, ils vont devoir jouer avec leurs armes : à savoir l’engagement et la combativité. C’est à dire les qualités propres à la Ligue 2, qui est un championnat avec beaucoup de duels, et une importante intensité physique. Car sur le plan technique, ils ne pourront certainement pas rivaliser.

On connaît les stars parisiennes que sont Zlatan Ibrahimovic, Javier Pastore ou Marco Verratti. Quels sont les éléments sur lesquels Auxerre devra s’appuyer pour réussir sa finale ? 

Ils pourront s’appuyer sur des joueurs d’expérience comme Sébastien Puygrenier, un défenseur central de métier ayant joué à Monaco. Ou encore un milieu aussi talentueux que Jamel Ait Ben Idir. Au-delà de ces individualités, l’équipe se situe dans une dynamique plutôt favorable, comme le démontre leur performance face à Ajaccio (match nul 0-0 lors de la 35e journée, face au 2e de Ligue 2). Ils auront donc probablement des arguments à faire valoir.

Pour le PSG, s’agit il d’un titre plus important que la Coupe de la Ligue ou le championnat ?

Peut-être pas aussi important que le championnat, qui récompense l’engagement d’une équipe sur toute une saison. En revanche, la Coupe de France est un véritable objectif pour le PSG. Sans doute plus que la Coupe de la Ligue, sachant que Paris n’a plus remporté cette compétition depuis 2012. Et surtout, il s’agit du seul trophée national que l’équipe n’a pas gagné sous l’ère qatarie. Le président Nasser Al Khelaïfi en fait d’ailleurs un objectif majeur de la saison, avec l’obligation qui était de faire mieux en Ligue des Champions. La Coupe de France, c’est la vieille dame. Elle incarne la plus prestigieuse des compétions nationales en terme de symbole. Raison pour laquelle lors des tours précédents, Paris a toujours aligné la meilleure équipe possible.

Pourra-t-on dire que le PSG aura passé un palier s’il s‘impose ?

Tout à fait, car ils réaliseraient un triplé historique en remportant championnat, Coupe de la Ligue et Coupe de France la même saison. Une performance inédite à ce jour. D’autant qu’ils ont déjà aussi passé un palier en Ligue des Champions en éliminant Chelsea en huitième de finale, avant de chuter face au FC Barcelone. La déroute d’un club aussi prestigieux que le Bayern Munich en demi-finale aller contre ce même Barça démontre que Paris n’a pas à rougir de son élimination. Si Paris s’impose en finale, ce sera une progression incontestable par rapport à la saison passée.

On a parfois accusé les Parisiens de lassitude en championnat. Notamment en raison de la faible opposition. Peuvent–ils tomber dans un tel écueil lors d’une finale ?

Je n’y crois pas. Paris a, il est vrai, plus un problème de mental que de qualités pures. Mais je pense qu’ils vont aborder cette finale comme ils le feraient pour un grand match de Ligue des champions : c’est à dire avec beaucoup de sérieux, d’application, et de détermination. En face, il faudra donc une équipe très solidaire pour leur contester la victoire.

Le risque d’assister à un match avec un score fleuve comme en finale de Coupe de la Ligue est-il réel (victoire 4-0 face au PSG) ?

En tant que commentateur je ne le souhaite pas. Cela serait d’ailleurs surtout dommage pour le spectacle. Après, si Paris s’est imposé sur un large score contre Bastia en finale de la Coupe de la Ligue, rappelons d’une part que la finale avait été marquée par une expulsion sévère prononcée contre Sébastien Squillaci, à 0-0. Et d’autre part qu’il y a également eu des matchs de championnat au cours desquels Paris s’est écroulé contre ce même Bastia (défaite 2-4, à la 20e journée), ou face à d’autres équipes modestes comme l’En-Avant Guingamp (défaite 0-1, en 18e journée). Si Paris n’a pas la concentration et l’application nécessaire, il peut donc s’exposer à un éventuel revers.

Propos recueillis par Yannick Sado

Communiqué de presse France 2 – 11 mai 2015

Mai 042015
 

Interview de Marie Facundo incarnant un nouveau personnage dans  la série à succès « Nos chers voisins »

Lundi 4 mai 2015 – TF1 – 20h40

tf1

Interview de Marie Facundo : Agathe est sur une autre planète !

Un couple décalé, formé d’Agathe et de Maxime, débarque dans « Nos chers voisins ». La jeune femme qui tranche parmi ses voisines et son look ne fait d’ailleurs pas l’unanimité. Marie Facundo, son interprète, a joué dans de nombreuses comédies musicales avant de débuter le tournage en février dernier. Sa principale difficulté ? Le rythme soutenu et les tenues vestimentaires de son personnage !
marie-facundo
Comment êtes-vous arrivée dans «Nos chers voisins» ?
La directrice de casting de la série est venue voir la pièce Le Placard de Francis Veber dans laquelle je joue aux côtés d’Elie Semoun. Après avoir passé les essais, j’ai vraiment voulu y participer. C’est l’une des mini-séries qui «cartonne» le plus en ce moment, les personnages sont sympas, les textes bien écrits. Je connaissais Joy Esther (Chloé dans la série) d’avant et depuis que j’ai intégré le casting !
 
Passer de la scène à la télévision, est-ce un challenge ?
La télévision n’a rien à voir avec la scène. Le format de Nos chers voisins donne lieu à un rythme très soutenu : pas de temps pour des répétitions ni de seconde chance le lendemain comme au théâtre. Cela demande d’être tout de suite dans la bonne énergie, concentré et dans son personnage. Techniquement également, c’est un challenge : il faut se placer par rapport à une caméra, être en raccord, faire attention à des détails qui nous échappent sur scène. Au début, j’ai dû prendre mes marques. Ensuite, en voyant des images, j’ai eu un déclic, j’ai su que je pouvais me lâcher !Vous interprétez Agathe…

Agathe Rousseau vit sur une autre planète ! Elle mange bio, fait attention à l’environnement et a toujours des conseils à donner à tout le monde. Pleine d’énergie, elle peut être envahissante à certains moments. Elle a une boutique de vêtements improbables que personne n’ose acheter… C’est un personnage haut en couleur, positif et amusant. Elle forme avec Maxime un couple de jeunes mariés qui s’aiment énormément, malgré leurs différences. Lui fait de la physique quantique mais ils se ressemblent dans leur folie !Aviez-vous des points communs avec elle ?

Comme Agathe, je fais attention à l’environnement. J’ai toujours des huiles essentielles sur moi, je suis adepte de médecine douce… Je partage aussi son côté enjoué. Et parfois, je ne peux pas m’empêcher de donner mon avis ! En revanche, nous n’avons pas du tout le même goût pour les vêtements. Pour les essais, je suis allée m’acheter des habits chez Emmaüs pour coller au personnage !
 
Connaissiez-vous Paul Besson, votre partenaire, avant le tournage ?
Pas du tout. Nous avons passé les derniers essais ensemble sur les plateaux de tournage. Je me souviens l’avoir ramené au métro. Il était stressé par rapport au casting, c’était attendrissant. À l’inverse, j’étais plutôt zen, même si je n’avais aucune idée du résultat.Comment avez-vous vécu votre arrivée sur le tournage ?

Je l’appréhendais un peu. Mais le fait d’être deux m’a vraiment rassurée. Et l’accueil a été tellement sympathique ! Dans ma loge, il y avait des fleurs, du chocolat. Les comédiens nous donnaient des conseils. J’ai compris le succès de cette série : l’ambiance sur le tournage est bon enfant.
 
Pensez-vous chanter un jour dans la série ?
Joy rêve de faire un épisode comédie musicale ! Stephan Kopecki, l’un des réalisateurs, a envie de le faire aussi. Ce serait vraiment génial !
Communiqué de presse TF1 – 4 mai 2015
Mar 262015
 

Interview – Frédéric Calenge : Au cœur du dispositif France / Brésil 

Jeudi 26 mars 2015 – TF1 – 20h45

Après quatre mois d’absence, les hommes de Didier Deschamps fouleront la pelouse du Stade de France le 26 mars prochain pour un match amical de prestige face au Brésil. A l’occasion de cette rencontre exceptionnelle, un dispositif d’envergure est mis en place avec la diffusion de l’avant-match sur MYTF1. Chef d’orchestre de l’événement, Frédéric Calenge dévoile ce qui nous attend.
Frédéric Calenge
Frédéric Calenge – Crédit photo : TF1
À événement exceptionnel, dispositif exceptionnel. Que réserve la chaîne aux amoureux du ballon rond ?
C’est une grande première pour un événement sportif, puisque nous pourrons suivre l’intégralité de l’avant-match France / Brésil en direct, durant quarante-cinq minutes, sur MYTF1 en partenariat avec FFF TV, la chaîne officielle de la Fédération Française de Football. Nous entrerons ainsi au cœur des coulisses de cette rencontre de prestige et ne raterons rien des prémices de l’événement. Les joueurs seront arrivés quelques minutes auparavant et ce sera l’occasion d’ouvrir les portes des vestiaires flambant neufs de l’Equipe de France. Les membres du staff viendront ensuite décrypter l’échauffement des Bleus sur le terrain. Ce dispositif exceptionnel n’a encore jamais été mis en place en France, si ce n’est lors de la dernière Coupe du Monde où les téléspectateurs avaient pu suivre l’avant-match de France / Équateur. Notre souhait est de faire vivre cette soirée à tous les spectateurs, comme s’ils étaient à Saint-Denis.
Qui dit France / Brésil, dit grande fête. Comment capterez-vous l’ambiance et les moments forts de cet avant-match ?
Images, interviews et reportages en direct à l’appui, nous allons retranscrire l’atmosphère qui va monter au fur et à mesure au Stade de France, avant le coup d’envoi prévu à 21 heures. Les spectateurs découvriront les animations prévues par la Fédération. Nous irons naturellement à la rencontre des supporters français et brésiliens, mais aussi des personnalités qui se presseront ce soir-là à Saint-Denis.

Quel sera plus particulièrement votre rôle ?

Je vais présenter cet avant-match depuis la pelouse du Stade de France. Un autre journaliste s’occupera des duplex afin que l’on puisse à la fois écouter les réactions des supporters, des personnalités, assister à l’arrivée sur tapis rouge, voir la composition de la tribune officielle… Pour ma part, j’interviewerai les personnes au bord du terrain, les joueurs de l’Equipe de France, les membres du staff, mais aussi, par exemple, le DJ pour connaître sa «recette» pour faire monter l’ambiance.

La dernière rencontre des Bleus remonte au 18 novembre dernier, lors d’un match amical face à la Suède. Quel état des lieux dressez-vous en ce début d’année ?

L’Équipe de France nous a manqué après quatre mois d’absence sur le terrain, un laps de temps particulièrement long. A priori, il n’y a pas de «bobos» particuliers à signaler et quasiment tous les joueurs sont disponibles. Une incertitude demeure concernant l’état de santé de Yohan Cabaye mais d’ici le 26 mars, il devrait être rétabli. Il va être très intéressant d’analyser les choix opérés par Didier Deschamps, qui était dans une optique de continuité après la Coupe du Monde.A quels joueurs le sélectionneur peut-il faire appel et sur lesquels peut-il se reposer ?

Certains ont été peu ou pas appelés. On peut se demander s’ils le seront lors de ce match de prestige. Je pense, par exemple, au défenseur français Kurt Zouma, qui évolue à Chelsea, au milieu de terrain Francis Coquelin, qui joue à Arsenal, ou encore au milieu de terrain Geoffrey Kondogbia, actuellement très en forme à Monaco. Ces joueurs n’étaient pas présents lors de la Coupe du Monde, mais Didier Deschamps pourrait parfaitement les mettre à l’essai lors de cette rencontre. Il compte naturellement sur le talent de ses jeunes joueurs à l’image de Raphaël Varane, Paul Pogba, Antoine Griezmann, qui brillent tous les week-ends dans leur club respectif. Ils ont donné satisfaction lors de la Coupe du Monde et ils constituent la colonne vertébrale des Bleus, au même titre que les joueurs expérimentés que sont, entre autres, Hugo Lloris, Mathieu Valbuena ou encore Karim Benzema.

Quelles sont les échéances à venir pour l’Equipe de France ?

Trois jours après le match face au Brésil, l’Equipe de France sera à Saint-Etienne pour une rencontre amicale face au Danemark. Au mois de juin, les Bleus retrouveront le Stade de France pour affronter la Belgique, l’une des meilleures nations au monde. Après, ils nous donneront rendez-vous en Albanie, le 13 juin. Ce sera leur dernier match de la saison, avant de retrouver la Serbie le 7 septembre.

Quel est votre pronostic ?

Rêvons un peu et imaginons un score de 3-0 face au Brésil, cela nous rappellerait tant de bons souvenirs ! La Seleção est en reconstruction après le traumatisme qu’elle a subi lors de la dernière Coupe du Monde, en encaissant 7-1 face à l’Allemagne. Le nouveau sélectionneur, Carlos Dunga, a opéré de nouveaux choix. Face au Brésil, l’Equipe de France apparaît solide, d’autant plus qu’elle est déjà en phase de préparation pour l’Euro 2016. Je pense donc qu’elle part légèrement favorite. Mais, une victoire me suffirait, comme à tous les Français !

Communiqué de presse TF1 – Jeudi 26 mars 2015

Fév 282015
 

Interview de Pierre Albaladejo : Ce fut le début de la décennie galloise

Il y a quarante ans naissait Antenne 2. Dix jours plus tard, la chaîne retransmettait en direct son premier match du Tournoi des V Nations. C’était un France-Pays de Galles. Le samedi 28 février 2015, France 2 diffusera un autre France-Pays de Galles, l’occasion de revenir sur cet anniversaire en compagnie de Pierre Albaladejo qui formait un célèbre duo de commentateurs avec Roger Couderc.

18 janvier 1975, la voix lointaine de Roger Couderc annonçait aux téléspectateurs d’Antenne 2 : « Ici, le Parc des Princes, dans quelques instants la France va rencontrer le Pays de Galles. » C’était la première retransmission d’un match du Tournoi des V Nations sur Antenne 2, moins de deux semaines après sa naissance (6 janvier 1975). Ce jour-là, la France des Bertranne, Dourthe, Lux… s’incline 10 à 25 face aux Gallois de Gareth Edwards. Ce jour-là, un duo de commentateurs s’imposait sur le petit écran : Roger Couderc et Pierre Albaladejo, par l’entremise de Robert Chapatte. L’ancien joueur du XV de France accepte de revenir sur cette date anniversaire qui marque ses débuts à la télévision.

Le duo Balla-Couderc réuni à la télévision

Nous avions déjà fait quelques années ensemble sur Europe n°1. À l’époque, Robert Chappate et moi étions sur la station ; Roger (Couderc) à RTL. C’est Robert qui a eu l’idée de nous réunir à l’antenne. Et donc, Roger a franchi le Rubicon et rejoint Europe n°1. C’est à ce moment-là que nous avons inventé le transistor à images : nous faisions quasiment de la télé à la radio, sauf qu’à la radio le blanc est une faute, et à la télé, il faut laisser parler l’image. J’avais été contacté par le journaliste sportif titulaire Jacques Sallebert. Il me proposait de venir commenter le rugby à l’écran avec lui. Mais pour moi, il n’en était pas question. C’est finalement Marcel Jullian qui nous a réunis sur Antenne 2.

Une défaite pour le premier match

La France avait perdu (10-25). Je perdais un peu mon Roger (Couderc) avec qui je m’étais tant amusé à la radio. Il était très contrarié. Je m’étais senti obligé de le réconforter. Je lui ai dit : « Ne vous en faîtes pas trop. Coup de chapeau aux Gallois. Nous avons encaissé cinq essais. Reconnaissons quand même qu’ils sont plus forts que nous…» Il m’avait répondu : « Oui, oui ils sont plus forts que nous, enfin, ils ont quand même eu de la chance. » Mais il s’est vite rattrapé parce que quinze jours plus tard, l’équipe de France est allée gagner à Twickenham (le stade de l’équipe anglaise ; 27 à 20, NDLR). C’était le Roger des grands jours. Alors, là c’était fabuleux. Battre les Anglais, pour lui, c’est être champion du monde.

Le trac de Roger Couderc

Pour ce premier match, il était fébrile. Je venais toujours le chercher chez lui, rue Charles Laffitte. Nous partions ensemble déjeuner au Parc des Princes et nous commentions le match. Et ce jour-là, quand je suis allé le chercher, je l’ai trouvé très concentré, bileux, comme j’ai pu trouver certains copains avant un match. Il ne voulait pas rater son retour à la télé. Un retour qui avait été annoncé à grands coups de publicité. Couderc revenant à la télé, ce n’était pas rien ! Mais là, il était aussi concentré que les joueurs. Heureusement, ça n’a duré qu’un seul match.

La décennie galloise

À partir de ce match-là, ce fut le début de la décennie du Pays de Galles. Avec des garçons comme Gareth Edwards, Barry John Gerald Davies… Ils avaient des joueurs d’exception. J’étais obligé de tempérer Roger (Couderc) dans son enthousiasme habituel. Je lui disais : « Attention, les choses ne se passent pas aussi bien que vous le dites.» Cette formidable équipe galloise était en train de se créer. Pendant la décennie, ils ont été les champions de ce jeu.

Propos recueillis par Sébastien Pouey.

La rencontre opposant la France au Pays de Galles (28 février 2015), dans le Tournoi des VI Nations, sera commentée par Matthieu Lartot et Fabien Galthié, accompagnés par Clémentine Sarlat pour les interviews en bord de terrain.

Communiqué de presse France 2 – 10 février 2015

Fév 272015
 

Pascal Brunner l’animateur vedette de « Fa si La Chanter » et imitateur vient de nous quitter à l’âge de 51 ans des suites d’un cancer de la gorge qu’il combattait depuis de nombreuses années. C’est en juin 1995, lors de ma période de journalisme en presse écrite que j’ai pu ainsi rencontrer Pascal Brunner au top du succès.

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Pascal Brunner « Mélodie en équipe »

Interroger Pascal Brunner, c’est avant tout franchir deux, trois portes de bistros aux alentours de la Comédie Caumartin pour le choper. Rassurez-vous, je n’ai pas été obligé d’écumer plusieurs mousses. Lui, non plus. Juste un problème de coordination pour la prise de rendez-vous. Résultat des courses : je n’avais pas affaire, pour une fois, à un type qui se mettait en avant, sous prétexte que son nom soit en gros titre sur l’affiche. Lui, c’est l’esprit d’équipe. Il répondit en toute simplicité à l’ordre d’arrivée de mes questions.

A l’époque de « Yacapa » vous refusiez de faire une émission quotidienne à la Télé. « Fa si la chanter », vous l’avez accepté parce que l’actualité du monde du spectacle n’était pas en jeu chaque jour ?

P.B : J’ai accepté parce que le projet me séduisait. Cela me semblait tenir la route, c’est-à-dire s’asseoir sur une mécanique bien huilée, bien rôdée, avec un programme de chansons important, qu’on pouvait tenir au quotidien. Sinon, j’aurais refusé.

Au départ, votre métier d’imitateur courait un 100m; il fallait produire des efforts de voix sur une courte période. « Fa si la chanter », n’est-ce pas un exercice de décathlonien ?

P.B : C’est sûr que dans les périodes d’enregistrements de « Fa si la chanter », qui se font sur une semaine à 10 jours, avec cinq émissions par jour, c’est un peu du délire. On a la chance d’être dans une dynamique de succès, l’émission marche très fort. On ne sent pas la fatigue, l’énervement, il n’y a pas de saute d’humeur sur le plateau de la part des musiciens, de moi-même. Tout se passe bien.

Quand je parle de décathlon, j’entends par là que vous enchaînez une multitude de voix pendant l’émission.

J’ai arrêté de faire des voix de politique en période électorale, pour ne pas avoir de compte à rendre au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). L’émission m’a permis d’imiter des voix de chanteurs que je ne faisais pas auparavant. Notamment Reggiani, que je ne pensais pas pouvoir faire. J’ai essayé en répétition. Le résultat était sympa.

Franchement, est-ce plus sympa de côtoyer les gens de tous les jours, grâce à « Fa si la chanter », que de recevoir une ribambelle d’artistes plus ou moins égocentriques qui viennent vendre leur paquet de lessive ?

P.B : C’est un peu exagéré. Ah ! Ah ! C’est bien de voir des candidats d’horizons différents. Sur le panel de gens que nous avons reçu sur le plateau de « Fa si la chanter » ça va du charcutier du coin à l’avocat, l’ingénieur, aux instits et beaucoup d’étudiants. Notre émission a déjà été « Premier jeu », toutes chaînes confondues, et tous âges. On touche tout le monde, même les plus réticents.

Que répondez-vous à vos détracteurs qui dénigrent votre métier d’animateur T.V., sous-entendu Pascal Brunner joue la facilité pour les poï ! poï ! ?

P.B : Je les laisse dire et puis on verra sur la longueur. Ce n’est pas mon problème. Ils ont du temps à perdre pour penser ça; moi je ne m’occupe pas de leur carrière, qu’ils ne s’intéressent pas à la mienne. La meilleure réponse que je puisse leur donner, c’est que je suis en tête avec « Fa si la chanter » et que mon nouveau spectacle marche très fort.

« Fa si la chanter » valorise-t-il la chanson en langue française, ou fait-il renaître certains tubes qui ont fait trois petits tours, et puis s’en vont ?

P.B : Sur les grands standards et les tubes qui font trois petits tours, et puis s’en vont, ce qu’on voulait dans « Fa si la chanter », c’était évoquer quelque chose à quelqu’un. Que ça soit un évènement dans sa vie, un souvenir. Et puis les tubes qui ont fait trois petits tours et puis s’en vont, on a quand même été les premiers à danser dessus en discothèque. Ce n’est pas gênant de rappeler 15-20 secondes de ses airs, même si les artistes ont fait une brève carrière. Ceci ne nous empêche pas de chanter « Les feuilles mortes » qui a fait la carrière qu’on sait.

Est-ce que TF1 vous a sollicité pour animer une émission similaire à « Fa si la chanter » ?

P.B : Similaire, non ! TF1 me proposait un « 20h30 » à partir de septembre. Je n’ai pas pu connaître le concept de l’émission, puisque ma réponse n’a pas été négative, mais du moins pas pour l’instant. Je tiens à aller jusqu’au bout de l’aventure avec l’équipe de « Fa si la chanter ». Et puis, le spectacle démarrait à la comédie Caumartin, et en plus, après j’ai une tournée.

Un grand retour au « Music Hall » en pleine campagne électorale, est-ce bien raisonnable ?

P.B : Ben, ouais ! Je crois que les gens apprécient. La plus belle récompense est de savoir que les gens sont heureux après une heure et demie de spectacle.

Vous tapez sur les hommes politiques par méchanceté ou par ironie ?

P.B : Je ne suis pas d’un naturel méchant, je répondrais par ironie. Ça me fait rire de voir ce qui se passe. Je suis comme tout le monde. Je lis l’actualité, j’écoute la radio, je regarde la télévision. L’autre jour j’ai entendu Dominique Voynet qui traitait Balladur de « faux-cul pincé », cela me fait hurler de rire.

Certaines personnes, dans la salle, s’étonnent de votre virulence à l’égard du monde politique. Est-ce à dire qu’à la télé, vous êtes du genre costard cravate, et qu’en scène, vous prenez le maquis ?

P.B : « Fa si la chanter » passe à une heure de grande écoute, et ce n’est pas le but de l’émission. Je n’ai pas à faire mon boulot d’imitateur. Je suis, avant tout, là pour faire l’animateur, le chanteur et l’imitateur au dernier degré. Sur scène, je peux donner libre cours à ce que j’ai envie de faire. Les gens, en sortant de là, ne peuvent pas savoir de quel côté je me situe. Il faut savoir que c’est un spectacle d’imitateur-persifleur. Il n’était pas question que je montre ce que je fais tous les soirs sur France 3. Jamais les téléspectateurs de « Fa si la chanter » ou d’autres émissions T.V., ont pu voir un extrait de mon spectacle. Je veux qu’ils découvrent pour la première fois mon show le soir, qu’ils viennent me voir.

Après le deuxième tour, vous allez être obligé de changer de programme. Est-ce que les promesses de réjouissance ne vont pas s’amenuiser au fil des semaines ?

P.B : Tout est prévu. Le spectacle a été monté de telle manière que les sketches sont intemporels. On réagira en fonction de l’actualité. Il y a derrière une équipe d’auteurs qui me facilite la tâche. Anne Roumanoff, Jacques Maillot, Gilbert Jouain et moi-même. Ainsi qu’Olivier Lejeune qui fait les brèves d’actualités.

Vous esquintez particulièrement « Jean-Marie Le Pen » dans votre spectacle. Ne vous a-t-on pas dit qu’il est politiquement incorrect de s’en prendre à un borgne ?

P.B : Ah ! Ah ! Il le montre plus maintenant. C’est pour ça que je lui mets une cagoule, comme ça on ne le voit pas. Non ! En tout cas, le spectacle n’est jamais vulgaire, il n’y a pas de grossièreté. Et en plus, je ne fais que dire ce qui se passe, ce qu’il fait.

Vous lui avez tout de même taillé un costard sur mesure.

P.B : Je crois que tout a été écrit sans favoritisme. On voit Jospin au confessionnal, posant des questions à Dieu (Mitterrand). Jacques Chirac à « Merdue de vue » devant Jacques Pradel, qui répond en demi teinte avec plein de subtilité. Le Pen crie haut et fort ce qui se passe. Et Balladur, habitué à l’ambiance des salons cossus, qui raconte à sa femme sa journée proche du peuple. On a voulu d’abord s’amuser.

Certains soirs, pouvez-vous faire un sondage, à savoir s’il y a plus de pro-Chirac, pro-Balladur, pro-Jospin ?

P.B : C’est arrivé ! Quand on a attaqué Chirac, j’ai entendu dans la salle : Doudou Président ! Non, les gens savent très bien que l’on va allumer tout le monde, mais sans méchanceté.

Que pensez-vous des artistes qui s’affichent, entre deux petits fours, dans les meetings politiques ?

P.B : On a la chance d’être dans une démocratie. Chacun fait ce qu’il veut. Moi, je ne suis pas pour. Je crois qu’un artiste doit faire avant tout son métier. Les gens sont assez grands pour se faire une idée de la politique. Lorsqu’un artiste soutient un homme politique, j’ose espérer que tous les gens qui viennent voir son spectacle vont voter pour l’intéressé. A la limite, c’est de la « promo » pour les deux. Et puis, il n’est pas interdit d’assister à une réunion pour se renseigner. Moi, je l’ai pas fait. J’étais trop occupé.

Mettre derrière vous un groupe de musiciens a pour but de secouer une salle sous coma Balladurien ?

P.B : Je ne crois pas.

C’est quand même une bonne recette de mettre des musiciens sur scène

P.B : Non ! Ceci permet de faire vivre des musiciens. J’aimerais bien que tous les artistes mettent des musiciens sur scène. Les spectacles seraient plus vivants.

On ne risque pas de vous confier le ministère de l’économie et des finances. Comment se fait-il que vous ne faites pas appel à une bande son ? Votre cachet ne s’en porterait pas plus mal.

P.B : Pour que mon cachet se porte mieux, j’aurais dû signer à TF1. L’argent, en ce qui me concerne, ce n’est pas le nerf de la guerre. Je veux gagner ma vie convenablement pour que ma femme, ma fille soient bien. Le reste, ce n’est pas grave… On a tout misé sur le spectacle pour que les gens ressortent contents.

Effectivement, lors de votre passage à la Comédie Caumartin à Paris, j’ai vu des gens danser à la fin du spectacle.

P.B : Je peux vous dire que des gens debout, ça déménage. C’est vrai que ça coûte plus cher. Mais être sur scène avec des musiciens, c’est plus dynamique et ça fout la pêche. Ils me suivent depuis quatre ans. Je n’allais pas leur dire, pour ma rentrée parisienne, qu’ils seraient remplacés par une bande son. Je n’en ai jamais eu l’idée.

Vous allumez Charles Aznavour, qui dit qu’il n’y a plus de talent dans la chanson française. C’est pas sympa de s’en prendre à un ex-investisseur Suisse ?

P.B : Ah ! Ah ! Ah ! Ce n’est pas une invention de ma part…J’ai été surpris quand Charles Aznavour a déclaré dans l’émission « Ligne de mire » qu’il était inquiet pour la relève. Qu’il n’y avait pas de grandes stars. J’ai donc fait un plaidoyer pour les anciens qui ont plus de cinquante ans (Aznavour, Hallyday, Mitchell). J’ai ensuite laissé la place aux jeunes (Bruel, Pagny) pour savoir ce qu’ils en pensent. Mon propos n’est pas méchant, mais montre simplement qu’avec la multiplication des médias, on fait une moins grande carrière qu’a l’époque des débuts de Hallyday, Mitchell.

Parlez-moi de Stéphane Roux. C’est un artiste au chômage qui vous a harcelé nuit et jour pour que vous lui fassiez une place sur scène, ou est-ce par souci humanitaire ?

P.B : Je l’ai rencontré deux ans auparavant, à l’occasion d’un gala pour les enfants malades de l’hôpital Necker. Entre parenthèses, je fais plein de galas pour les enfants inadaptés, les malades du sida etc…. Je ne montre pas ma gueule à la télévision pour dire que je le fais. Traiter ces sujets d’exclusion ne se résume pas à une soirée de deux heures d’émission. Je préfère faire dans l’ombre, mais au moins je le fais…. Stéphane Roux, ce jour-là, avait fait un numéro qui m’avait emballé. Au moment où j’ai écrit les textes avec Jacques Maillot, nous nous sommes dit qu’il serait bien que quelqu’un me donne la réplique dans certains sketches. Ceci permettrait de rebondir plus facilement, plutôt que d’avoir du monologue toute la soirée. J’ai rappelé Stéphane et le hasard a voulu que trois semaines avant, il monte un one man show pour lequel il avait besoin d’imitations. Je lui ai enregistré trois, quatre imitations. Je lui ai demandé s’il voulait venir sur scène avec moi. Il y a une grande complicité qui est née sur scène. Stéphane n’est pas un faire-valoir.

Phil Marso – Entretien publié dans la revue “100 Blagues” en juin 1995.

 

Fév 252015
 

 Anne Charrier une Dame de Fer dans Chefs 

Mercredi 25 février 2015 – France 2 – 20h50

Anne Charrier incarne Delphine, une femme de tête aux décisions aussi tranchées que la coupe de ses tailleurs sophistiqués. Nommée par Monsieur Édouard directrice du restaurant Le Paris pour le sauver de la faillite, elle se trouve confrontée au Chef, hostile à sa présence comme à ses décisions.

Entre eux, ce sera quitte ou double.Qu’est-ce qui vous a séduite dans le personnage de Delphine ?

C’est une carriériste qui s’est faite toute seule. Elle a gravi un à un les échelons d’un monde presque exclusivement masculin pour enfin parvenir au poste de directrice. C’est l’aboutissement de sa carrière. Je n’avais encore jamais joué un rôle pareil. Cela m’amusait beaucoup d’interpréter cette femme sans foi ni loi, qui ne se laisse dominer par personne – au risque de s’en prendre finalement plein la tête.

Comment avez-vous travaillé son allure, sa posture, son phrasé ?

Il y a quelque chose de très droit et de très rigide chez elle. Ses tenues sont épurées, sa coiffure est soignée. Avec Arnaud Malherbe, nous avons aussi insisté sur le panache du personnage. Comme le dit le Chef, lorsqu’elle entre dans une pièce, on sait immédiatement qu’elle est là. Il était donc primordial que sa présence ne puisse être confondue avec aucune autre.

Arnaud Malherbe et Marion Festraëts dépeignent son côté pète-sec et un peu bulldozer…

La brigade de cuisine correspond à des codes militaires. Delphine est là pour donner des ordres, qui doivent être exécutés – point. Il n’y a pas de place pour l’empathie ou pour l’écoute, elle ne s’embarrasse guère de sentiments.

Pourtant, elle présente aussi des failles : à certains moments, elle semble baisser la garde pour laisser entrevoir autre chose d’elle…

Elle est décontenancée par le Chef, par la manière dont ça se passe entre eux. Ses coups de gueule n’ont aucune incidence sur lui ni même sur sa brigade, dont elle comprend qu’il est l’unique capitaine. Elle se retrouve pour la première fois confrontée à des personnes qui ne répondent pas à ses codes, que sont l’argent et le business. Elle est aussi à une période de sa vie où l’attirance qu’elle ressent pour le Chef la trouble. En sortant de sa zone de confort, elle dévoile des fêlures. Chacun des personnages de cette série en a. J’ai beaucoup aimé l’écriture de Marion et Arnaud, qui laissait à chacun d’entre nous et au téléspectateur la possibilité d’en imaginer les raisons et de construire sa propre histoire.

Pourriez-vous décrire la nature des rapports qu’elle entretient avec Monsieur Édouard et avec le Chef ?

Monsieur Édouard, qu’elle admire et connaît depuis longtemps, est probablement son pygmalion. Elle a beau être lucide sur sa manière de fonctionner, elle ne s’attendait pas à ce qu’il soit à ce point sournois et manipulateur. Manipulatrice, elle sait l’être aussi ; pour autant, elle n’aurait jamais imaginé que leur collaboration prenne cette tournure, qu’il aille jusqu’à lui mettre des bâtons dans les roues. Sans même s’en rendre compte, cette histoire de restaurant signe la fin de leur relation. Avec le Chef, c’est son cerveau reptilien qui parle. Elle tente de contenir ce qu’elle ressent, ce qu’il provoque en elle. En vain.

Et vis-à-vis de la brigade, quels sont ses sentiments ?

Elle connaît leurs compétences, leur grade mais, individuellement, ils ne l’intéressent pas. Je m’étais même raconté qu’elle ignorait jusqu’à leur nom, se contentant de les appeler « machin, machine ». Ils ne sont, à ses yeux, que des petites gens qui mettent les mains dans le cambouis. Elle se croit au-dessus de ça. Il faut que Monsieur Édouard lui pose des questions sur l’un d’eux pour qu’elle y trouve de l’intérêt. En cela, son comportement est à l’opposé de celui du Chef, plus attentif au sort de ses troupes.

Comment décrire son caractère ? Son mode de fonctionnement ?

Delphine, je l’imagine habiter un appartement où tout est propre, net. Sa vie est extrêmement balisée, cloisonnée, pensée. Tout tourne autour de son travail, pour lequel elle n’admet aucune forme de résistance – quitte à écraser quiconque se risquerait à lui faire obstacle. Le reste l’indiffère, même les hommes l’ennuient. C’est une misanthrope. Je pense qu’elle se croit plus forte qu’elle ne l’est en réalité. Elle s’imagine pouvoir passer en force en toute circonstance. Mais, quand la force ne suffit pas, elle se trouve désemparée. Là, au contact du Chef, c’est comme si son coeur s’ouvrait malgré elle… avec des ratés quand même ! Il y a quelque chose qui la dépasse, qui devient hors de contrôle dès qu’elle pénètre dans le monde du Chef. À travers eux, on retrouve l’archétype de ces personnes mal assorties qui ne parviennent pas à contenir leur attirance l’une pour l’autre. Un jeu du chat et de la souris sur lequel reposent beaucoup de comédies américaines, comme entre Kathleen Turner et Michael Douglas dans À la poursuite du diamant vert. Pour Arnaud et Marion, c’était le genre de référence à suivre.

Avez-vous, comme les autres comédiens, pris des cours de cuisine ?

Pas de cours de cuisine, mais une formation, oui. Nous avons tous été conviés au restaurant Manger par le chef David Toutain, conseiller sur la série. Outre la visite des lieux, la présentation de chaque poste, il a pris le temps de nous expliquer individuellement les spécificités de nos rôles. Dans l’histoire, puisqu’il n’y a plus d’argent, Delphine doit surveiller les pertes et, pour cela, connaître les stocks et aussi le contenu des poubelles. Elle est là pour remettre le restaurant à flot.

Quelles impressions gardez-vous du tournage ?

Arnaud est quelqu’un d’exigeant, ce qui ne l’empêche nullement d’être ouvert à la discussion. C’est très agréable de travailler avec des gens qui signent aussi les scénarios : ça évite les réinterprétations hasardeuses. J’ai été bluffée par l’univers qu’Arnaud et Marion ont su créer, l’aspect parfois très décalé, presque fantaisiste, qu’ils ont amené dans cette série. C’est assez novateur en télévision.

Propos recueillis par Clotilde Ruel
A retenir :


En fin d’année 2014, Anne Charrier a participé au tournage de L’Entreprise de Sébastien Deux, adaptée de la pièce éponyme de Pierre Palmade. A ses côtés, on retrouve Pierre Palmade et sa troupe (Alexis Cadrot, Guillaume Clerice, Julien Ratel, Joffrey Platel, Anne-Elisabeth Blateau et Sarah Suco). Un téléfilm à découvrir prochainement sur France 3.


Jusqu’au 4 février, elle tourne Jamais sans ma mère, le deuxième épisode de la série Marjorie (pour France 2), dans laquelle elle interprète le personnage principale. Elle y retrouve Valérie Karsenti, qui fut l’une de ses partenaires dans La Chambre froide ; une pièce mise en scène par Sally Micaleff.

Communiqué de presse France 2 – 3 février 2015


Fév 232015
 

Programme TV – Divertissement – Le Divan : Karl Lagerfeld

Mardi 24 février 2015 – France 3 – 23h05

france3

Karl Lagerfeld se prête au jeu d’une confession en toute sincérité et s’allonge sur le Divan de Marc-Olivier Fogiel. Va-t-on apprendre des choses sur cet invité récurrent de l’animateur Marc-Olivier Fogiel maintes fois interviewé ?

Fév 212015
 

Interview du Président de la République François Hollande

Salon de l’Agriculture 2013

Voici une interview de François Hollande à propos du Salon de l’Agriculture 2013. A-t-il été droit dans ses bottes deux ans plus tard ?

LE PRÉSIDENT : « Je vais vous dire l’esprit qui est le mien au terme – presque ! – de cette visite du Salon, et répondre ensuite à vos questions. Sur le Salon lui-même, je suis venu délivrer un message de confiance dans l’avenir de l’agriculture française. D’abord parce que ce Salon illustre la qualité des productions, la diversité des agricultures, la capacité que notre agriculture a de créer des emplois dans tous les domaines.

Cette confiance est étayée aussi sur l’engagement des jeunes. Ils s’installent plus nombreux en agriculture et sont également plus nombreux dans les établissements de formation, notamment les lycées agricoles. Pas simplement pour devenir agriculteurs eux-mêmes, mais pour travailler dans tous les domaines de l’industrie agroalimentaire ou des milieux environnementaux.

Enfin, la filière agroalimentaire est une filière exportatrice sur laquelle une balance commerciale excédentaire peut être dégagée. Si je voulais compter le nombre d’emplois qui vivent de l’agriculture, autour de l’agriculture, par l’agriculture, c’est plus de 3,5 millions. D’ailleurs, beaucoup de ces emplois ne sont pas toujours pourvus, même dans ces périodes de chômage. D’où la priorité que nous accordons à la formation et à l’éducation.

Je sais les difficultés, je les entendues tout au long de ma visite. Il y en a de plusieurs ordres.

Premièrement, c’est le financement de l’agriculture. Mais là, des garanties ont été obtenues dans le cadre de la négociation du cadre financier européen, du budget européen. Et j’ai pu stabiliser, en euros courants, les aides qui sont versées à nos agriculteurs, aussi bien pour ce qu’on appelle les aides à la production, les aides directes, que pour ce que l’on appelle le deuxième pilier, c’est-à-dire le développement rural. Mais faut-il encore que nous puissions répartir ces enveloppes de la meilleure des façons pour tenir compte de la diversité de nos agricultures.

Il y a aussi la difficulté du contexte dans lequel se tient ce Salon, c’est-à-dire le doute qui s’est installé sur un certain nombre de produits distribués – ce qu’on appelle les plats cuisinés – quant à l’origine de la viande qui y est introduite. Là, j’ai pris un engagement : faire en sorte que, au plan européen, nous allions vers l’étiquetage obligatoire des plats cuisinés.

Mais dans cette attente – parce que cela prendra quelques mois : le temps de convaincre nos partenaires européens de cet étiquetage obligatoire – les distributeurs et les producteurs se sont entendus, en France, pour aller vers cet étiquetage, vers cette traçabilité. Et les accords qui viennent d’être signés permettront au consommateur d’avoir toute sécurité sur ce qu’il achète dans ces surfaces. Et c’est aussi pour les producteurs, et notamment les producteurs bovins, une garantie que leurs produits seront bien intégrés dans les filières des plats cuisinés.

J’insiste beaucoup sur l’information sur la production française, parce que lorsqu’on a des produits de qualité, nous devons faire en sorte que tous les Français puissent accéder à cette qualité. Avec le ministre de l’Agriculture, avec les ministres concernés, nous ferons donc encore un effort plus grand pour qu’il y ait cet étiquetage, cette connaissance, cette traçabilité.

Enfin, il y a la question des éleveurs. Tout au long de la visite, c’est le même leitmotiv que j’ai entendu : nos prix de consommation intermédiaire augmentent – c’est-à-dire, finalement, les matières premières, essentiellement pour nourrir le bétail –, et nous ne pouvons pas répercuter sur les transformateurs, les distributeurs, le prix de nos produits à la vente. Donc, risque d’étranglement. A partir de là, nous devons réguler les prix des matières premières. C’est une volonté que j’ai traduite au plan international, dans le cadre du G20, au plan européen.

Nous devons également faire en sorte qu’il puisse y avoir une contractualisation entre les producteurs et les transformateurs, et qu’il y ait également avec la distribution une juste répartition des marges, le respect des bonnes pratiques, dans le cadre de ce qu’on appelle la loi LME, qui doit être respectée.

Mais nous devrons aussi répartir différemment les aides ; faire en sorte que les éleveurs aient davantage de retombées de la Politique Agricole Commune, et qu’il y ait une solidarité interprofessionnelle qui puisse être mise en œuvre entre les céréaliers et les producteurs de viande. Et cela, pour toutes les productions, aussi bien bovines, porcines, avicoles…

Voilà pourquoi j’ai confiance dans l’agriculture, parce qu’elle est également capable de mobiliser la profession elle-même. Elle est capable d’être innovante, aussi bien pour le respect de l’environnement, que pour la production, que pour l’innovation, pour l’amélioration même de nos produits. Un domaine très important, c’est la recherche en agriculture ; c’est pour cela que j’ai tenu à visiter un certain nombre de stands de nos établissements les plus en pointe en matière de recherche.

C’est un grand succès, le Salon de l’agriculture – plus de 700.000 visiteurs – et une tradition qui fait que le président de la République y vient pour l’inauguration. Cela ne doit pas être simplement la fête de l’agriculture pendant quelques jours, non ; cela doit être la prise de conscience que l’agriculture est une chance pour l’économie française, et que la sécurité alimentaire est une obligation. Voilà pourquoi je tenais à marquer par ma présence ces engagements de l’Etat ».

QUESTION : « La Commission de Bruxelles hier a rendu ses prévisions de croissance et de déficit pour la France. Elles sont moins bonnes que les prévisions du gouvernement français. Est-ce que cela veut dire que les promesses que votre gouvernement a faites, pour avoir une stabilité fiscale en 2014, sont abandonnées ? »

LE PRÉSIDENT : « D’abord, les chiffres de la Commission européenne prennent en compte le ralentissement qui s’est produit dans toute l’Europe, voire même la récession qui est intervenue, et qui se prolongera pour une part en 2013. Dans ce contexte, la France fait, si je puis dire, moins mal que d’autres, puisqu’en 2012 nous aurons une croissance à peine supérieure à zéro, quand, dans la zone euro, c’est la récession. Et en 2013, c’est vrai, nous n’atteindrons pas les 0,8. La Commission européenne annonce 0,1 de croissance, quand la zone euro sera en récession de moins 0,3.

Mais nous sommes amenés à réviser nos objectifs de réduction du déficit public. Mais néanmoins, la Commission relève que nous avons fait un effort considérable. Je rappelle que nos prédécesseurs avaient un niveau de déficit public de 7 % de la richesse nationale. Il est tombé à 5,2 % fin 2011. Nous avons ramené ce déficit à 4,5 fin 2012. Et, selon la prévision de la Commission, 3,7 fin 2013. Ce n’est pas les 3 %, j’en conviens. Mais c’est un mouvement qui marque un effort salué et par la Cour des comptes et par la Commission européenne.

Cet effort sera poursuivi. La trajectoire est bien celle d’aboutir à un équilibre de nos finances publiques à la fin du quinquennat. Pour y parvenir, pas besoin d’ajouter de l’austérité en 2013 ; simplement, tenir nos engagements. Il y a eu déjà beaucoup qui a été demandé aux contribuables et même aux administrations. Mais nous avons à donner des gages de sérieux budgétaire en 2014. Des économies devront notamment être faites, dans tous les budgets, de l’Etat, des collectivités locales, de la sécurité sociale, pour que nous puissions continuer à réduire le déficit public, conformément à nos engagements européens.

Mais nous y parviendrons d’autant plus facilement, ou moins difficilement, que nous aurons de la croissance. C’est la raison pour laquelle l’engagement demeure de faire de la croissance, et donc d’investir : investir autant que nous le pourrons à travers nos moyens publics ; investir par la Banque publique d’investissement ; investir par les fonds que nous avons dégagés à travers l’augmentation du plafond du Livret A ; investir à travers des fonds que nous avons constitués au niveau de la Caisse des dépôts. Parce que notre pays a besoin de se moderniser.

Mais notre effort d’investissement, il est aussi du côté des entreprises. C’est le sens du crédit d’impôt compétitivité-emploi-croissance. Et nous avons aussi un accord sur la sécurisation de l’emploi qui permettra de libérer de l’investissement parce qu’il y aura de la visibilité.

Le sérieux budgétaire et la croissance vont donc de pair. L’erreur serait de ne pas être sérieux : nous serions immédiatement sanctionnés par nos partenaires européens – je ne parle pas des marchés ! Mais l’erreur serait aussi de ne pas vouloir faire de croissance, et même de nous entraver, à travers des mesures qui freineraient l’investissement ou la consommation des ménages. Nous devons donc trouver cet équilibre. C’est la cohérence de l’action que je conduis, avec le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT, qui nous permettra d’être au rendez-vous en 2017, par rapport à la trajectoire et au cap que j’ai fixés ».

QUESTION : « Compte tenu de ce contexte, de ces nouvelles données, pensez-vous revenir sur votre engagement d’inverser la courbe du chômage en France d’ici la fin de l’année ? »

LE PRÉSIDENT : « C’est un objectif. J’ai demandé au gouvernement de mobiliser tous les moyens pour l’atteindre. S’il n’y a pas d’objectif, il n’y a pas de volonté. Et moi, je ne me résigne pas. C’est vrai que – avec une croissance faible : 0,1 % – l’année 2013 sera marquée par une progression du chômage. Je ne l’ai jamais caché aux Français. En revanche, si je reprends les prévisions de la Commission européenne, en 2014 nous serions – je parle au conditionnel – sur une reprise, à l’échelle de l’Europe, et avec une estimation qui pourrait être supérieure à 1 %, 1,2 % pour la France, et même peut-être 1,4 % pour la zone euro. A partir de là, nous pouvons commencer à créer de l’emploi.

Si nous arrivons donc à accélérer la reprise, à anticiper la reprise, cet objectif peut être atteint. Il peut l’être aussi si nous parvenons à bien utiliser les instruments que le gouvernement a mis en place. J’ai parlé du crédit impôt compétitivité-emploi-croissance. L’instruction fiscale vient d’être adressée, début février, et les entreprises savent donc parfaitement qu’elles auront un allègement de leurs charges dès l’année 2013. Il y a le contrat de génération, qui est maintenant effectif, et il y a les emplois d’avenir.

Enfin, il y a tout ce que nous pouvons, au niveau des collectivités locales, au niveau de l’Etat, mettre en œuvre ensemble pour le développement de l’activité économique. La lutte contre le chômage, ce n’est pas simplement une volonté du gouvernement et du président de la République ; cela doit être une mobilisation de toute la société. Parce que sinon, c’est une fracture qui va s’installer : une fracture d’abord entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas ; une fracture entre les générations, et notamment les jeunes.

Il y a des chiffres qui sont très inquiétants dans ce qui vient d’être produit par la Commission européenne : quand il y a un taux de chômage des jeunes qui dépasse 50 % dans un certain nombre de pays, 25 % en France, il y a des risques d’explosion. Et moi, je ne veux pas mettre en cause la cohésion nationale. C’est pourquoi je ferai tout pour qu’on atteigne cet objectif, et que l’on puisse faire de l’emploi des jeunes une priorité ».

QUESTION : « L’équilibre que vous souhaitez trouver entre sérieux budgétaire et croissance dès 2014, passe-t-il par une hausse d’impôts, une hausse des prélèvements obligatoires ? Ou sera-ce d’abord par de nouvelles économies, des économies sociales ? »

LE PRÉSIDENT : « Cela a été relevé par la Cour des comptes : nous avons fait un effort structurel considérable, comme jamais aucun gouvernement n’en avait fait depuis au moins 30 ans. Cet effort a été également reconnu par la Commission européenne. Et nous aurons à dialoguer avec elle, pour qu’une compréhension soit faite pour l’année 2013, par rapport à notre objectif de réduction du déficit. Nous avons néanmoins fait cet effort aux deux tiers par des augmentations d’impôts, et au tiers par des économies. A l’avenir, c’est-à-dire dès 2014, c’est d’abord par des économies, et subsidiairement par des prélèvements supplémentaires, que nous devrons atteindre nos objectifs ».

QUESTION : « Comment expliquez-vous la différence entre vos prévisions et les prévisions de la Commission européenne ? Aviez-vous sous-estimé la gravité de la situation, ou la situation s’est-elle significativement dégradée entre temps ? »

LE PRÉSIDENT : « Les prévisions de la Commission européenne concernant la France il y a un an, pour l’année 2013, c’était une croissance de 1,4. Je dis bien : 1,4. Nous, nous l’avions ramenée, à l’automne, à 0,8 pour 2013. La Commission européenne vient d’indiquer sa prévision : 0,1. Qu’est-ce qui s’est passé ? Ce n’est pas un décrochage de la France. C’est un décrochage de l’ensemble de la zone euro. La France, comme je l’ai dit, faisant moins mal que les autres, puisque la plupart des pays de la zone euro sont en récession.

Qu’est-ce qui s’est produit ? Des politiques d’austérité ont été menées dans la plupart des pays européens de la zone euro et hors de la zone euro. De la zone euro, vous les connaissez : Espagne, Italie, Portugal, Grèce, et d’autres. Hors de la zone euro : le Royaume-Uni. Dès lors qu’il y a eu ces politiques d’austérité, et je ne les juge pas – compte tenu de la gravité de la situation, elles avaient sans doute une part de fondement –, cela a tiré l’économie européenne vers le bas, y compris l’Allemagne, qui par exemple sur l’année 2012 n’a fait, si je puis dire, que 0,5 % de croissance, quand elle avait prévu plus de 1,5.

S’il y a donc eu erreur de prévision, elle est commune. Ce n’est pas la nôtre. D’ailleurs, au moment de la campagne présidentielle, tous les candidats, en tout cas ceux du second tour, prévoyaient une croissance supérieure à 1 % en 2013. J’ai eu la franchise de dire, dès l’automne, que nous n’aurions pas ces 1,4 que prévoyait la Commission européenne et ces 1,5 que prévoyaient les estimations officielles de la France ; et que nous serions en-dessous de 1, à 0,8.

Nous sommes en définitive à 0,1, enfin, comme prévision. J’espère que nous serons à plus de 0,1 ! Mais je prends la prévision telle qu’elle est. D’ailleurs le gouvernement a indiqué au Haut Conseil des Finances Publiques sa prévision. Et le Haut Conseil des Finances Publiques, qui est une institution indépendante, validera ou ne validera pas cette prévision. Nous sommes dans la transparence.

Qu’est-ce que nous devons donc faire pour rehausser le taux de croissance ? Sortir des politiques d’austérité à l’échelle de l’Europe et avoir la mise en œuvre du pacte de croissance négocié au mois de juin, et qui tarde à se mettre en œuvre dans un délai rapide. Nous devons coordonner mieux nos politiques économiques, faire que les pays qui sont en excédent puissent encourager leur demande intérieure, que les pays qui sont en déficit puissent corriger leur déséquilibre sans en rajouter dans des politiques de récession.

Et puis, pour ce qui nous concerne, améliorer notre compétitivité. Car un des problèmes de l’économie française – et c’est en cela qu’il se distingue d’autres pays, qui sont en déficit également important sur le plan budgétaire – c’est sa compétitivité. Je rappelle que le commerce extérieur était équilibré il y a dix ans et que, fin 2012, le déficit est de plus de 60 milliards d’euros. En dix ans, il y a donc eu une détérioration. Nous avons à rehausser le niveau de la compétitivité.

Et nous avons pris nos responsabilités. D’ailleurs la Commission européenne a salué ces deux décisions : la première, c’est le pacte de compétitivité, les mesures issues du plan GALLOIS – il y aura d’ailleurs une évaluation de l’application du plan dit de compétitivité, issu du rapport GALLOIS, à la fin du mois de mars. Et puis la deuxième décision que nous avons prise, c’est de laisser les partenaires sociaux négocier l’accord sur la sécurisation de l’emploi.

Dans la prévision de croissance pour 2013 comme pour 2014, ne sont pas intégrées encore ces données-là. Ce qui nous laisse penser que, au moins en 2014, nous pourrons faire mieux que ce qui est affiché ».

QUESTION : « Est-ce que cela signifie qu’il va falloir accélérer les réformes structurelles ? Notamment, est-ce que vous pouvez nous confirmer que la réforme des retraites, avec possiblement l’allongement de durée de cotisation, sera mise en œuvre dès 2013 ? Et puis autre sujet : est-ce que vous considérez que les prestations familiales, les allocations familiales, doivent être fiscalisées, ou mises sous conditions de ressources ? »

LE PRÉSIDENT : « Les rendez-vous qui ont été prévus par la conférence sociale du mois de juillet dernier, sont maintenus à leur date. Il y avait le rendez-vous de la compétitivité : celui-là a donné le résultat que l’on sait, à travers le rapport GALLOIS, puis le pacte. Il y avait le rendez-vous de la politique familiale : un rapport a été commandé à Monsieur FRAGONARD – même méthode que pour la compétitivité. Il sera connu au mois de mars, et des mesures seront prises, qui s’appliqueront en 2014. Je ne veux pas préjuger desquelles. Et puis enfin, sur les retraites, un rendez-vous a été pris là aussi : il y aura une commission, présidée par Madame Yannick MOREAU – toujours la même méthode, la même démarche –, qui livrera ses conclusions à l’été. Ensuite, il y aura une discussion, une concertation avec les partenaires sociaux, pour une application en 2014 ».

QUESTION : « Pour revenir au sujet du jour, comment imposer cette traçabilité que vous souhaitez, à l’échelle européenne ? »

LE PRÉSIDENT : « Nous n’avons pas d’autre choix que la négociation. Mais je pense que la prise de conscience est maintenant réelle, compte tenu du scandale de la fraude, qui touche beaucoup de pays européens – je ne dis pas tous, mais encore aujourd’hui nous avons appris que l’Italie était concernée. L’idée que nous devons avoir la même exigence pour la traçabilité des produits cuisinés et la viande qui y est introduite, que pour la viande consommée dans les boucheries, que ce soit dans la grande distribution ou dans la boucherie traditionnelle, cette exigence-là, à mon sens, va être une évidence dans quelques mois.

Mais d’ici là, nous avons à faire nous-mêmes un effort de traçabilité. Et sur le marché français, si entre les distributeurs et les producteurs nous pouvons garantir que, sur les plats cuisinés, toute la viande est maintenant tracée, je pense que ce sera bon pour la filière agroalimentaire, bon pour la production française, et bon pour le consommateur. Donc d’abord, l’exemple français, et ensuite, la généralisation européenne. Mais plus tôt on ira en Europe, mieux ce sera. Un des problèmes de l’Europe, ce n’est pas sa décision, c’est parfois sa lenteur ».

QUESTION : « Vous pensez naïvement que les industriels sont d’accord avec ce discours ? »

LE PRÉSIDENT : « Mais je ne me pose pas cette question, je pense qu’aujourd’hui c’est le consommateur qui doit être protégé, dans l’intérêt même des agriculteurs ».

QUESTION : « Vous avez annoncé ce matin un plan national pour l’élevage ; ce sera quoi exactement ? »

LE PRÉSIDENT : « Ce plan sera le suivant. Premièrement, faire en sorte que les crédits de la PAC puissent accompagner davantage l’élevage et l’emploi. Ce que l’on va maintenant négocier dans la répartition des crédits de la PAC, aussi bien pour le premier pilier que pour le second, et qui ira dans ce sens. Deuxièmement, faire en sorte que l’élevage puisse être prioritaire pour les énergies renouvelables. Troisième dispositif : la contractualisation, de façon à ce que, entre producteurs et transformateurs, il y ait une garantie pour les producteurs. Et le quatrième élément, c’est l’application stricte, voire même la modification si c’est nécessaire, de ce qu’on appelle la loi LME pour la distribution des produits animaux.

QUESTION : « Une question sur les otages du Cameroun. Il y a une confusion autour de leur sort. Est-ce qu’aujourd’hui vous avez quelques éléments supplémentaires ?

LE PRÉSIDENT : « Si j’avais des éléments supplémentaires, je ne vous les communiquerais pas ».

QUESTION : « Vous vous étiez engagé à faire une loi sur le non-cumul des mandats. Il y a un débat dans votre majorité. Vous êtes pour qu’elle soit appliquée en 2014 ou en 2017 ? »

LE PRESIDENT : « Là-dessus, un avis a été demandé au Conseil d’Etat. Je regarderai très attentivement ses conclusions et je vous ferai connaître ma réponse prochainement ».

QUESTION : « Un mot sur la situation au Mali et sur les combats. Apparemment la nuit dernière a été très agitée ? »

LE PRÉSIDENT : « Il y a des combats très durs qui se livrent à l’extrême nord du Mali. J’en ai déjà informé les Français. Nos troupes sont directement engagées. Il s’agit d’un endroit, qu’on appelle le Massif des Ifoghas, où nous pensons que sont réfugiés, cachés, des groupes terroristes en nombre important. Nos amis Tchadiens ont lancé une offensive hier, qui a été extrêmement dure, avec des pertes humaines importantes. Je veux saluer ce que font les Tchadiens, s’il en était besoin, témoignant ainsi de la solidarité africaine à l’égard du Mali. Ces combats vont se poursuivre. C’est vraiment là la dernière phase du processus, puisque c’est dans ce massif-là que sont sans doute regroupées les forces d’AQMI ».

QUESTION : « Monsieur le Président, un mot des agriculteurs que vous avez rencontrés depuis ce matin. Certains ont manifesté, parfois vivement ces dernières heures, ces derniers jours, par exemple dans le Finistère. Que pouvez-vous leur dire ? Certains ont même ciblé précisément des propriétés d’hommes et de femmes politiques ».

LE PRÉSIDENT : « Oui, il y a eu à Quimper des dégradations importantes. Je m’en suis entretenu avec le maire. Des agriculteurs qui sont dans le désarroi et qui veulent alerter. Je leur dis que leur message a été entendu et qu’il n’est pas besoin, qu’il n’est pas nécessaire de recourir à ce type d’action. En France, et j’y suis attentif, des groupes peuvent se faire entendre, porter des revendications, exprimer une colère, sans qu’il soit besoin de détruire, dans l’intérêt même de leur cause. Le ministre est donc prêt, comme il l’a toujours montré, à recevoir tous ceux qui ont, à un moment, une détresse à faire connaître. D’ailleurs, hier, j’ai reçu la lettre du président de la Fédération laitière et je m’en suis entretenu avec lui aujourd’hui. Je pense que c’est la bonne méthode ».

QUESTION : « Il y a eu un accord le 8 février donc à Bruxelles, l’accord pluriannuel pour le budget européen. Est-ce que vous pensez que le Parlement européen va ralentir le processus, et en particulier pour les agriculteurs qui eux ont besoin, pour 2014, d’une PAC, même si on sait que 2014 sera une année de transition ? Mais eux, ils ont besoin en 2014 ».

LE PRÉSIDENT : « Pourquoi j’ai signé l’accord, qui est intervenu au début du mois de février au Conseil européen ? Parce que je voulais que l’Europe ait un cadre financier, sur plusieurs années, et à un niveau d’engagement qui me paraissait raisonnable. J’aurais préféré davantage, mais je savais que dans les circonstances d’aujourd’hui, 960 milliards d’euros d’engagement, c’était le plafond de ce que nous pouvions obtenir.

Mais je l’ai fait surtout pour que ceux qui ont à investir, soit parce qu’ils sont concernés par des politiques de croissance, soit parce que ce sont des pays qui relèvent des politiques de cohésion, soit, pour la Politique Agricole Commune, parce que ce sont des agriculteurs qui veulent avoir une visibilité. C’est mieux d’avoir un cadre financier sur sept ans qu’une annualisation qui, à chaque session budgétaire, pouvait remettre en cause telle ou telle politique.

Le Parlement européen, je le rappelle, a la codécision. C’est donc maintenant une discussion qui va s’engager entre Conseil européen, Commission européenne et Parlement européen, pour que ce que les chefs d’Etat et de gouvernement ont négocié puisse être, dans le cadre que je viens de définir, amélioré, y compris même sur le plan agricole. Mais je souhaite que le Parlement européen, dans le respect de ses compétences, puisse examiner ce cadre financier, et prendre sa décision dans les meilleurs délais.

QUESTION : « Monsieur le Président, pourquoi, compte tenu de la crise actuelle, la France ne s’oppose pas à la réintroduction des farines animales, même si des précautions ont été prises ? Est-ce que la France ne pourrait pas simplement dire non, pour réintroduire de la confiance auprès des consommateurs ? »

LE PRÉSIDENT : « Mais la France s’oppose aux protéines animales ! La France a voté contre. Et la France n’introduira pas ces protéines animales, pour ce qui la concerne dans la filière française. Nous pourrons donc continuer à nourrir les poissons de manière traditionnelle. Même si je dois quand même considérer, n’étant pas un spécialiste, qu’il y a des poissons qui sont carnivores ».

Source : Élysée – 28 février 2013

 

Fév 112015
 

Interview Clovis Cornillac : L’homme de la situation

Mercredi 11 février 2015 – France 2 – 20h45 : Chefs

france2

Clovis Cornillac endosse le rôle du Chef, monstre sacré de la cuisine française. Un chef intransigeant, mystérieux, solide comme un roc. Du moins le croit-on…

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

Je pense que quelque chose est en train d’avancer dans ce qu’on peut faire à la télévision. C’est un média incroyable, mais, à mes yeux, encore un peu sous-exploité en France. Aujourd’hui, tout le monde vante les séries américaines. Une chaîne comme HBO est devenue une référence mondiale de la créativité télévisuelle grâce à cet élan en termes d’écriture, de fabrication, de choix de réalisateurs et d’acteurs. J’étais un peu impatient de voir arriver ça en France. J’ai trouvé très excitant qu’un projet comme celui d’Arnaud Malherbe et de Marion Festraëts réussisse à convaincre une chaîne de télévision publique de se lancer sur un sujet – la cuisine – si peu exploité dramatiquement. Il y avait une ambition dans ce projet et une excitation de la part d’Arnaud et Marion à l’écriture, mais aussi des producteurs de Calt. J’ai aimé l’investissement qu’ils y ont mis, leurs prises de risques.

Être le « héros » d’une série télé, vous avez hésité ?

Quand Xavier Matthieu et Jean-Yves Robin, de Calt, sont venus me voir avec le scénario de Chefs, j’ai d’abord pensé : « Une série, ce n’est pas le moment pour moi… » J’étais, d’une certaine manière, un peu snob, très méfiant vis-à-vis de la télé. Comme s’il y avait quelque chose de plus noble à dire : « Je fais du cinéma. » Mais tout ça est dépassé. À la lecture du scénario, je me suis fait prendre. Puis j’ai rencontré Arnaud et Marion, et je suis parti à fond dans l’affaire. Ensuite, à aucun moment je n’ai été déçu : tout ce qui était dans le cahier des charges se retrouve à l’écran, que ce soit les partis pris de réalisation, le travail avec tous ces jeunes acteurs que je trouve formidables ou la lumière du chef opérateur Pierre-Yves Bastard. Je pense que les téléspectateurs, comme nous, ont envie d’être pris par une histoire et dans un univers.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce personnage du Chef… qui n’a d’ailleurs pas de nom ?

Rien que ça, j’aime beaucoup. Parce que c’est typique de la modernité d’une écriture : le fait de créer des figures, d’en faire non pas des caricatures mais des archétypes très forts. Il y a dans ce personnage-là une nature presque héroïque, pas au sens de super héros, mais de personnage emblématique.

C’est LE chef « absolu » en quelque sorte…

Oui, avec tous ses défauts, ses aspérités, et c’est là tout l’intérêt du personnage.
Il est impressionnant comme archétype, dans le bon sens du terme. Tout est possible avec lui, et il peut entraîner du monde derrière lui parce qu’il exerce une forme de fascination. C’est une sorte de père total, de force en soi.

Comment avez-vous abordé votre rôle de cuisinier ?

Je suis un bon mangeur. J’ai même monté un restaurant à Lyon, dont j’ai depuis revendu les parts. J’ai un lien de plaisir réel à la nourriture et surtout aux vins. Je trouve aussi que le restaurant est un endroit fabuleux. Pour moi, ça a du sens, même intellectuellement, de se réunir pour se nourrir. J’avais donc, si on peut dire, un bon terrain. Ensuite, en tant que comédien, comme pour tous les projets, quand on a envie de bien faire son travail, on essaie de s’approcher au plus près. On est des éponges. Je suis donc allé en cuisine, j’ai essayé de comprendre comment ça fonctionnait, mais, surtout, de saisir les regards, la précision, les réactions des cuisiniers.

Finalement, on voit assez peu le Chef cuisiner…

Comme les grands chefs ! Être chef, c’est maîtriser trois notions : le geste, le temps et le feu. Gérer cette triangulaire, c’est la base. Je me suis attelé à ça parce que ça ne servait à rien d’essayer de montrer que je pouvais couper des légumes moins bien qu’un commis qui a un an et demi de pratique. Ça fragilise un personnage. Je ne serai jamais un grand chef. En revanche, vivre l’expérience, oui. Couper des légumes, je l’ai fait, couper des poissons, lever des filets, je l’ai fait aussi parce que ça m’intéresse de toucher, de savoir. Mais je ne le ferai pas à l’image parce que je pense que c’est moins payant.

Arnaud Malherbe et Marion Festraëts, les auteurs, parlent de la cuisine comme d’un sous-marin pris dans la tempête. Que pensez-vous de cette comparaison ?

C’est bien d’avoir des partis pris forts, tranchés. On a beaucoup échangé là-dessus. Évidemment, personne ne pensera à un sous-marin en regardant la série, et c’est tant mieux, mais nous voulions transmettre cette notion d’autarcie guerrière dans un endroit où, paradoxalement, tu es bien, où tu as tes repères, où tu te sens à ta place. Comme dans les films de guerre, le Chef est ce général, dur, mais il ne partira jamais si on te tire dessus. Il ne te laisse rien passer, mais il te donnerait sa vie. Et quand il te félicite sur un truc, ça te porte pendant un mois.

Quelques mots sur les autres membres de la brigade ?

Les personnages sont des lettres posées sur une feuille blanche. À partir du moment où ils sont incarnés, ils prennent tout leur sens. Le personnage de Yann était très bien écrit, mais ce qu’en a fait Nicolas Gob est formidable. J’en ai aussi joué, de ces personnages dits « méchants », et j’aime beaucoup quand ils sont remplis d’humanité. La force d’une série, c’est aussi de faire découvrir de nouvelles têtes, et c’est le cas avec Hugo Becker (Romain) et Joyce Bibring (Charlène). On ne les connaît pas, on n’est donc pas abîmés par l’image de précédents rôles.

Ce chef qui ne baisse jamais la garde va être déstabilisé par Delphine (Anne Charrier)…

Anne est une formidable actrice. Son personnage est très compliqué à jouer. Elle arrive comme un cheveu sur la soupe dans un monde très organisé. Elle est déstabilisante parce qu’on sent qu’elle n’est pas de ce milieu. Elle a une manière d’aborder la vie qu’on peut retrouver dans le monde de l’entreprise, dans des lieux qui ne sont pas liés à la sensibilité comme peut l’être une cuisine. Elle va entrer dans ce monde avec un gars qui n’est pas facile et qui va la fasciner. Le Chef a un problème affectif, mais une force de séduction émane de lui. Il y a une telle solitude chez cet homme qu’elle va être pour lui un point d’accroche – même si ça passe d’abord par une relation conflictuelle.

Propos recueillis par Stéphanie Thonnet

A retenir :

Clovis Cornillac est actuellement en plein montage de son premier film comme réalisateur, Machin Machine, une comédie romantique qui devrait sortir en 2015 et dont il partagera l’affiche avec Mélanie Bernier.

Question bonus

Hugo Becker a une question pour vous : « Quel rôle aimerais-tu faire en boucle si tu ne devais plus jouer que celui-là » ?

Très sincèrement, je pense que ce serait une sorte de cauchemar pour un acteur. Mais ça se situerait probablement dans le théâtre élysabéthain… Sûrement du Shakespeare, parce qu’il y aurait toujours à creuser. Le texte, c’est de l’aventure et en même temps c’est un puits sans fond. Je vais prendre le plus célèbre de ses personnages, Hamlet : il y aurait une quête possible à jouer, en boucle, parce que je pense que tu n’arrives jamais vraiment au bout. Depuis des siècles et des siècles, on a des théories qui changent en permanence. C’est probablement un des textes les plus nourrissants, qui met en perspective la philosophie, la psychologie, le spectaculaire, la guerre, les choix des hommes, l’amour… Il y aurait de quoi creuser pendant des années et des années.

Communiqué de presse France 2 – 20 janvier 2015

Jan 272015
 

INTERVIEW – William Karel, Blanche Finger

Jusqu’au dernier , la destruction des Juifs d’Europe ?

Programme TV – France 2 – Mardi 27 janvier 2015 – 20h50

france2

Leur ambition ? Raconter enfin dans « Jusqu’au dernier », la destruction des Juifs d’Europe l’histoire dans son intégralité : « depuis la crise en Allemagne et l’arrivée d’Hitler au pouvoir jusqu’à nos jours » . Interview des deux réalisateurs, William Karel et Blanche Finger. Pourquoi avoir réalisé « Jusqu’au dernier », la destruction des Juifs d’Europe ?

William Karel : Blanche Finger et moi-même avions réalisé ensemble Album(s) d’Auschwitz [diffusé le 19 janvier 2012 sur France 2, ndlr]. Construit à partir des quelque trois cents clichés pris par des officiers SS à Birkenau en 1944, ce documentaire racontait principalement l’histoire des Juifs de Hongrie. Il doit exister ainsi plus de trois cents films historiques qui ne témoignent en fait que d’une toute petite partie de ce qu’a représenté la destruction des Juifs d’Europe. Avec « Jusqu’au dernier », nous avons souhaité raconter enfin l’histoire dans son intégralité : depuis la crise en Allemagne et l’arrivée d’Hitler au pouvoir jusqu’à nos jours, le film couvre tout le siècle.

Blanche Finger : Nous espérons ainsi que ce documentaire en huit épisodes sera, non pas simpliste, mais simple, et que ceux qui le regarderont de bout en bout, en une ou plusieurs fois, auront une vision claire de l’Histoire, qu’ils la comprendront vraiment. Tout ce qui concerne l’après-guerre par exemple – ce qui reste de la Shoah aujourd’hui, comment écrire après Auschwitz… – a rarement été abordé et constitue une partie importante de notre documentaire.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué en préparant ce film ?

W. K. : Le fait que l’on croit tout savoir et que l’on en sache finalement si peu…

B. F. : Oui, tout le monde a l’impression de tout connaître sur le sujet. Combien de fois n’avons-nous pas entendu : « On sait très bien ce qui s’est passé… » ? Or, prise dans sa globalité, cette histoire reste méconnue. Par exemple, au sein même de l’histoire des SS, il existe beaucoup d’incohérences. La réponse à la « question juive » n’est pas du tout venue d’un ordre unanime décidé en haut lieu, mais a été le fruit de nombreuses et complexes imbrications.

W. K. : La plupart des personnes à qui nous avons parlé de notre projet nous disaient : « Évidemment, votre documentaire commence à partir de la conférence de Wannsee, quand a été débattue et décidée la solution finale. » Or, à ce moment-là, en 1942, nombre de Juifs ont déjà été assassinés sans qu’aucune décision officielle n’ait été prise. Dans l’imaginaire collectif, la machine nazie s’est mise en place d’un seul coup pour agir de façon globale et systématique. Mais la réalité a été tout autre.

Comment est construit votre documentaire ? Pourquoi avoir choisi de le réaliser en huit volets ?

W. K. : Après avoir essayé de faire des rapprochements thématiques, nous avons opté pour une construction chronologique. Cette approche permet de témoigner au mieux de la globalité de l’Histoire et de l’enchaînement des faits. La conférence de Wannsee n’arrive ainsi qu’au deux tiers du documentaire, preuve de tout ce qui s’est mis en place dans les années précédentes… « Jusqu’au dernier » représente ainsi un seul et même film de huit heures.

Par rapport à vos précédents films (Le Monde selon Bush, 1929, Au cœur de la Maison Blanche : Barack Obama…), quel est le ton de celui-ci ?

W. K. : Celui que nous privilégions depuis notre premier documentaire historique, La Rafle du Vél’ d’Hiv [diffusé en 1992 sur France 3 dans « La Marche du siècle », ndlr] : des paroles croisées d’intervenants. Ici, ce sont les historiens qui racontent les faits et se répondent. Ils sont le fil rouge du film.

Comment avez-vous choisi les intervenants ?

B. F. : Nous avons sélectionné une cinquantaine d’historiens à travers le monde, parmi les plus importants. Tous ceux que nous avons rencontrés ne travaillent d’ailleurs que sur ce sujet, qui représente l’œuvre de toute une vie. Ils s’y consacrent depuis vingt ans, trente ans, quarante ans. C’est comme si, une fois que l’on plonge dans cette histoire, on ne pouvait plus s’en défaire… Outre les historiens interviennent également ceux que l’on a appelé « les grands témoins », dans le sens où ils sont les écrivains de la Shoah.

W. K. : Contrairement à notre film Contre l’oubli [diffusé en 1995 sur France 2, ndlr], nous n’avons pas privilégié les témoignages de survivants, à cela près que certains des historiens et écrivains interrogés ont connu les événements et parlent de leur expérience personnelle. Benjamin Ferencz, par exemple, intervient comme historien, parce qu’il a écrit sur le sujet, mais aussi parce qu’il est le dernier procureur de Nuremberg vivant à pouvoir raconter intimement cette histoire.

B. F. : Il ne faut pas oublier que nous arrivons soixante-dix ans après les faits, à un moment où un documentaire sur le sujet ne peut plus être basé uniquement sur le témoignage. Non pas que cette parole n’est pas sacrée – le témoignage des survivants reste toujours essentiel – mais, à l’heure actuelle, la plupart des témoins ont disparu et les autres sont extrêmement âgés. « Jusqu’au dernier » s’est donc construit en priorité sur les documents historiques disponibles sans que nous n’utilisions par exemple d’anciens enregistrements. Seuls les historiens sont à même d’expliquer la machine nazie. Cela dit, nous avons inclus des témoignages sous forme de lectures de textes. Les Juifs qui allaient être massacrés étaient dans l’urgence de laisser des traces de ce qu’il se passait. Ils se disaient : « Nous ne serons plus là, mais voilà nos témoignages. Il faut que les générations futures sachent. » Ce documentaire est avant tout un film pour les jeunes.

À ce titre, comment réagissent les jeunes face à la Shoah ? Est-ce que vous avez pu observer des changements ces dernières années ?

B. F. : Des changements assez négatifs, que les historiens américains appellent Holocaust Fatigue. On est fatigués de la Shoah… La seconde moitié du XXe siècle a été d’une violence absolue avec les génocides au Rwanda, au Cambodge, etc. Les jeunes générations se demandent alors : « Qu’est-ce qui fait la spécificité de la Shoah ? Pourquoi est-ce plus grave ? Est-ce une question de nombre ? » La différence, c’est que la destruction des Juifs d’Europe implique une organisation systématique à l’échelle de tout un continent. Cette destruction ne s’adressait même pas à une profession ou à des gens engagés politiquement, mais concernait les Juifs ou « le Juif ». Il ne s’agit évidemment pas de dresser une sorte de hiérarchisation des victimes. Il y a eu énormément de civils qui sont morts en Russie, en Pologne, partout. Cette guerre a généré cinquante millions de morts.

W. K. : Il faut dire que le travail des enseignants n’a pas toujours été fait correctement. Des historiens nous racontaient par exemple que certains gamins se retrouvaient en classe devant Nuit et Brouillard sans aucune préparation ni mise en garde. Dans « Jusqu’au dernier », nous nous sommes efforcés de ne choisir aucune image qui risquerait d’apparaître insoutenable ou monstrueuse : cela ne servirait à rien de choquer pour choquer.

Combien d’heures de rushes avez-vous tournées ?

B. F. : Chaque entretien durant entre une heure et demie et deux heures, nous nous sommes retrouvés avec des centaines d’heures d’interviews, auxquelles s’ajoutent près de quatre cents heures d’archives et six mille photographies.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées au montage ?

W. K. : La difficulté d’un film sur la destruction des Juifs d’Europe, c’est que toutes les archives proviennent de la propagande nazie. Se pose alors la question de comment montrer cette matière. D’où notre choix de garder le commentaire allemand de l’époque, pour ne pas tromper le spectateur sur l’origine de l’image.

B. F. : Du ghetto de Varsovie, il existe des documents écrits, mais aucune image qui ne soit pas issue de la propagande. À Lodz, à l’inverse, certains Juifs ont réussi à prendre des photos en cachette et à les conserver.

W. K. : L’autre difficulté est la rareté de ces images, pour ne pas dire leur absence totale. Autant, à partir de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, il existe des heures et des heures d’archives sur les nazis, les SS, les Einsatzgruppen, etc., autant il n’existe quasiment plus rien à partir du moment où sont construits les camps et les chambres à gaz. Nous avons choisi alors de montrer des lettres ou bien de tourner, aujourd’hui, de nouvelles images sur certains lieux de mémoire.

B. F. : Même les documents sont rares. Les nazis avaient mis en place des groupes spécialisés chargés de les brûler au fur et à mesure. Il n’y a, par exemple, qu’une seule trace de l’Opération Reinhard, qui désigne le massacre de tous les Juifs de Pologne : un simple télégramme qui le met en mots et donne des chiffres.

W. K. : Il existe aussi un discours d’Himmler annonçant l’extermination. « Nous venons d’accomplir une page glorieuse de notre histoire. Elle restera secrète, personne ne doit en parler », déclare-t-il. Le discours devait en effet rester secret, mais quelqu’un l’a enregistré… Nous le diffusons dans le documentaire.

Communiqué de presse France 2 – 6 janvier 2015