Nov 282017
 

Sortie cinéma – Le Brio – Critique

Sortie 22 novembre 2017

Comédie d’Yvan Attal avec Daniel Auteuil, Camélia Jordana, Yasin Houicha, Nozhra Khouadra, Nicolas Vaude, Jean-Baptiste Lafarge, Claude Perron, Julia Malinbaum. 1h35 – Sortie le 22 novembre 2017

Banlieusarde d’un quartier défavorisé, Leila commence mal sa première année de fac de droit à ASSAS. Elle arrive en retard pour son premier cours orchestré par le professeur Pierre Mazard. Un réac perfide qui maîtrise les mots à la perfection, ponctuée de provocation pour souffre-douleur. Le dérapage est devenu son exercice de style. Leila en fait les frais à la limite de l’humiliation. Sauf qu’il a été trop loin. Le président de la fac, lui fait savoir qu’il risque le conseil de discipline. Néanmoins, il lui propose une alternative pour sauver sa carrière : préparer Leila au concours de l’éloquence. Une compétition honorifique qui se déroule chaque année entre les facs de droit dans l’hexagone. Leila va-t-elle relever le défi ?

« Le Brio » est assez plaisant dans le déroulement du récit. Daniel Auteuil campe bien le costume d’un professeur jouissant du pouvoir des mots avec une petite humanité pour la transmission chère à l’Éducation nationale. Camélia Jordana est assez convaincante ! Yvan Attal tombe néanmoins dans la facilité en faisant croire qu’une jeune femme de banlieue est forcément mal éduquée, grossière avec les codes vestimentaires de la cité. Cela devient pénible de stigmatiser les personnes qui logent dans des barres d’immeubles. Tout est une question d’éducation !!! Le réalisateur tombe à nouveau dans ce piège à la fin du film. On  regrette aussi le peu de scène avec d’autres étudiants de milieu favorisé au contact de Leila à la fac. « Le Brio » se cantonne à divertir, sans une véritable résonance sociale.

 

Phil Marso – 28 novembre 2017 – www.walkmovie.info

Nov 262017
 

Sortie cinéma – Chronique : Borg / McEnroe

Sortie 8 novembre 2017

Biopic de Janus Metz Pedersen avec Shia LaBeouf, Sverrir Gudnason, Stellan Skarsgard, Tuva Novotny, Ian Blackman, Robert Emms, Scot Arthur II, David Bamber. 1h48 – Sortie le 8 novembre 2017

 Le tennisman suédois Björn Borg, N°1 incontestable, doit relever un défi de taille : remporter pour la cinquième année consécutive le tournois de Wimbledon. Selon les experts, un jeune joueur peut mettre fin à cette suprématie : John McEnroe. Ce jeune américain talentueux mais souvent colérique sur les cours qui lui ont fait une réputation détestable auprès du public anglais. Contrairement à Borg qui ne montre aucune émotion lors d’un match, même s’il est en difficulté. Il doit beaucoup à son entraîneur Lennart Bergelin qui l’a repéré très tôt. Il connaît ces failles. L’été 1980, la pression est de quelle côté : Borg ou McEnroe ?

« Borg / McEnroe » est un film à voir pour les nostalgiques des années 70’80 où le tennis confrontait de fortes personnalités avec des styles de jeu bien tranché. Soit un jeu au fond de court infatigable ou des fulgurances au filet. On apprend beaucoup sur le passé tumultueux du jeune Borg sur les cours et en dehors. Certes le film, manque une petite étincelle. Le comédien Shia LaBeouf en McEnroe est peu crédible à celui du suédois incarné par Sverrir Gudnason. Ce biopic reste un plaisir pour les ados que nous étions à rester scotché tout un dimanche après-midi sur un canapé avec un, deux paquets de choco BN pour admirer les points gagnés 1 par 1 du grand champion Björn Borg.

Phil Marso – 25 novembre 2017 – www.walkmovie.info

Mai 172015
 

Critique cinéma – La Tête haute

Film dramatique d’Emmanuelle Bercot. Avec Catherine Deneuve, Rode Paradot, Benoît Magimel, Sara Forestier, Diane Rouxel, Anne Suarez, Elizabeth Manev,  – 2h09 – Sortie le 13 mai 2015.

Film « La Tête haute » d'Emmanuelle Bercot - Sortie le 13 mai 2015

Film « La Tête haute » d’Emmanuelle Bercot – Sortie le 13 mai 2015

La juge pour enfants en voit défiler dans son bureau des plus petits jusqu’à la majorité. Ici nous sommes à Dunkerque, mais cela pourrait être une autre ville. La bonne bouille de Malory huit ans déboule avec sa mère Séverine trop jeune, immature et son petit frère à peine né. Malory grandit dans une agitation perpétuelle, auto-destructeur avec une seule passion : voler des voitures.

Il va de collège en collège pour trouble du comportement, il ne tient pas en place et n’a aucune conscience de son propre devenir. Son casier judiciaire est long comme le bras avec un destin déjà tracé à la case prison. La juge est un sas de décompression, de compréhension à toutes épreuves, mais dans une durée limitée. Est-ce que son nouvel éducateur Yann sera sa planche de salut ?

« La Tête Haute » s’intéresse au parcours d’un jeune délinquant. Le système éducatif judiciaire tente de le sortir de la tête de l’eau ce qui est une tâche plus rude en 2015. Terminé les internats dès l’âge de 10 ans qui permettait un suivi éducatif sur plusieurs années avec à la clé, apprendre un métier dès l’âge de 14 ans. Depuis plusieurs décennies, on case ces jeunes en famille d’accueil, en foyer, mais sur des délais très courts. Quand il y a de la famille, on les réinjecte dans son milieu d’origine au gré d’un comportement apaisé.

Chaque cas est particulier et dans le personnage de Malory, l’absence d’un père et d’une mère pas très structurée alourdit l’addition. L’épée de Damoclès de la majorité est souvent évoquée dans le film avec le leitmotiv : avoir un projet ! À travers ce film quelques réminiscences de mon passé m’ont interpellé avec la tentation d’exclamer « branleur » à l’encontre du fameux Malory.

Ne voyez pas en moi, un ton moralisateur, mais une marque de tribu indélébile pour ceux qui ont connu un parcours semblable plus ou moins chaotique. Par contre je n’ai pas le souvenir qu’un éducateur m’est balancé un jour que l’État dépense 800 € / jour, mois  pour que je m’en sorte. C’est dire que la loi du marché et de son syndrome des statistiques judiciaires ont souvent le dernier mot.

« La Tête Haute » a pour objectif de secouer le spectateur ce qu’il réussit en partie. La fin tombe trop dans la facilité à mon sens. En définitive, ce film aurait eu le mérite de s’attaquer non pas qu’à un seul et unique Malory, mais à plusieurs. Ceci pour montrer que l’on gagne, qu’on perd à tenter de relever la tête.

 Phil Marso – 17 mai 2015

Source : Walkmovie.info